Essais de corrections personnelles et brèves des sujets de philo pour le bac 2015

Publié le par Secteur pastoral de Muzillac

En italique, ci-dessous, les réflexions que les sujets du bac de philo m'inspirent.

P. Jean-Eudes

Les sujets du bac S -

  • « Une œuvre d’art a-t-elle toujours un sens ? » -
M'est avis qu'une œuvre d'art a en effet toujours un sens. Ce sens peut être celui de l'absurdité et ce sens est donc très faible et très négatif. Il vaut donc mieux une œuvre d'art pleine de sens, et surtout de bon sens. Pour les chrétiens, c'est Jésus Christ qui nous donne le sens le plus merveilleux qui soit dans la vie, à savoir celui de l'Amour de Dieu.
  • « La politique échappe-t-elle à une exigence de vérité ? »
La politique ne peut pas échapper à une exigence de vérité. Si certains croient pouvoir se jouer de la vérité, cela ne pourra être tenu caché pour toujours. Les exemples historiques le démontrent suffisamment.

Pour les chrétiens, Dieu est Vérité. Le dogme du Jugement dernier permet d'espérer que ceux qui croient pouvoir mentir impunément aux autres seront finalement punis pour leur méfait. 

  • Les élèves ont aussi été invités à réfléchir sur un texte de Cicéron :

« Comment peut-on prévoir un événement dépourvu de toute cause ou de tout indice qui explique qu’il se produira ? Les éclipses du soleil et de la lune sont annoncées avec beaucoup d’années d’anticipation par ceux qui étudient à l’aide de calculs les mouvements des astres. De fait, ils annoncent ce que la loi naturelle réalisera. Du mouvement invariable de la lune, ils déduisent à quel moment la lune, à l’opposé du soleil, entre dans l’ombre de la terre, qui est un cône de ténèbres, de telle sorte qu’elle s’obscurcit nécessairement. Ils savent aussi quand la même lune en passant sous le soleil et en s’intercalant entre lui et la terre, cache la lumière du soleil à nos yeux, et dans quel signe chaque planète se trouvera à tout moment, quels seront le lever ou le coucher journaliers des différentes constellations. Tu vois quels sont les raisonnements effectués par ceux qui prédisent ces événements. Ceux qui prédisent la découverte d’un trésor ou l’arrivée d’un héritage, sur quel indice se fondent-ils ? Ou bien, dans quelle loi naturelle se trouve-t-il que cela arrivera ? Et si ces faits et ceux du même genre sont soumis à pareille nécessité, quel est l’événement dont il faudra admettre qu’il arrive par accident ou par pur hasard ? En effet, rien n’est à ce point contraire à la régularité rationnelle que le hasard, au point que même un dieu ne possède pas à mes yeux le privilège de savoir ce qui se produira par hasard ou par accident. Car s’il le sait, l’événement arrivera certainement ; mais s’il se produit certainement, il n’y a plus de hasard ; or le hasard existe : par conséquent, il n’y a pas de prévision d’événements fortuits. » Cicéron, De la divination, Ier siècle avant J.-C.

Ce texte nous invite à penser que seule la science et la raison peuvent nous permettre de prévoir de manière certaine certains événements à venir. C'est ce qu'on appelle la science de la loi naturelle. Dans cette loi, la place du hasard est importante car elle permet un espace de liberté pour la nature et pour l'être humain. 

Pour les chrétiens, même Dieu accorde de la place à la liberté et donc au hasard dans la nature et donc aussi dans chaque personne. Tout n'est pas joué d'avance, bien heureusement. Cela n'empêche pas Dieu de connaître l'avenir si telle est sa volonté.

Les sujets du bac ES -

  • « La conscience de l’individu n’est-elle que le reflet de la société à laquelle il appartient ? »
Non, bien heureusement, la conscience de l'individu n'est pas que le reflet de la société à laquelle il appartient. Il y a en chaque conscience une possibilité de création par exemple. La société dans laquelle nous vivons nous inspire grandement, mais chaque individu garde une part de liberté et de créativité. On peut le vérifier par exemple chez les artistes.

Pour les chrétiens, Dieu parle à la conscience. Ce Dieu qui parle par les Stes Ecritures provoque le croyant à la vraie liberté dans le bien pour changer la société dans laquelle il vit.

- « L’artiste donne-t-il quelque chose à comprendre ? »
Qu'il le cherche ou non, chaque artiste donne en effet quelque chose à comprendre par son œuvre.

Pour les chrétiens, l'œuvre de la Création nous parle en ce sens du Créateur.

  • Le commentaire de texte porte sur un extrait de Spinoza :

« Dans un Etat démocratique, des ordres absurdes ne sont guère à craindre, car il est presque impossible que la majorité d’une grande assemblée se mette d’accord sur une seule et même absurdité. Cela est peu à craindre, également, à raison du fondement et de la fin de la démocratie, qui n’est autre que de soustraire les hommes à la domination absurde de l’appétit et à les maintenir, autant qu’il est possible, dans les limites de la raison, pour qu’ils vivent dans la concorde et dans la paix. Ôté ce fondement, tout l’édifice s’écroule aisément. Au seul souverain, donc, il appartient d’y pourvoir ; aux sujets, il appartient d’exécuter ses commandements et de ne reconnaître comme droit que ce que le souverain déclare être le droit. Peut-être pensera-t-on que, par ce principe, nous faisons des sujets des esclaves ; on pense en effet que l’esclave est celui qui agit par commandement et l’homme libre celui qui agit selon son caprice. Cela cependant n’est pas absolument vrai ; car en réalité, celui qui est captif de son plaisir, incapable de voir et de faire ce qui lui est utile, est le plus grand des esclaves, et seul est libre celui qui vit, de toute son âme, sous la seule conduite de la raison. » Baruch Spinoza, Traité théologico-politique (1670).

Spinoza vivait à une époque où les monarchies de droit divin régnaient. Certaines permettaient à la démocratie de prendre peu à peu plus de place. L'important étant de donner toute sa place à la raison. Malheureusement, l'Histoire nous apprend qu'il faille nous méfier même de la démocratie, elle qui a été capable de hisser au pouvoir de grands dictateurs. Mais c'est probablement le moins pire des régimes malgré tout. 

Pour les chrétiens, la politique doit se mener avec la raison la plus grande possible, avec un esprit critique, sans mépriser pour autant les émotions.

Les sujets du bac L

  • « Respecter tout être vivant, est-ce un devoir moral ? »
Oui, c'est un devoir moral de respecter tout être vivant y compris lorsqu'on doit le faire mourir par nécessité raisonnable. 

Pour les chrétiens, la vie terrestre est un don de Dieu, comment ne pas la respecter?

  • « Suis-je ce que mon passé a fait de moi ? »
Je suis en grande partie ce que mon passé a fait de moi, mais je suis également ce que le présent et l'avenir me proposent. 

Pour les chrétiens, tenir compte du passé est très important. Mais Dieu est présent et il est notre à-venir. On ne peut donc s'enfermer sur le passé.

  • Le commentaire de texte porte sur un extrait d’Alexis de Tocqueville :

« Les croyances dogmatiques sont plus ou moins nombreuses, suivant les temps. Elles naissent de différentes manières et peuvent changer de forme et d’objet ; mais on ne saurait faire qu’il n’y ait pas de croyances dogmatiques, c’est-à-dire d’opinions que les hommes reçoivent de confiance et sans les discuter. Si chacun entreprenait lui-même de former toutes ses opinions et de poursuivre isolément la vérité dans des chemins frayés par lui seul, il n’est pas probable qu’un grand nombre d’hommes dût jamais se réunir dans aucune croyance commune. Or, il est facile de voir qu’il n’y a pas de société qui puisse prospérer sans croyances semblables, ou plutôt il n’y en a point qui subsistent ainsi ; car, sans idées communes, il n’y a pas d’action commune, et, sans action commune, il existe encore des hommes, mais non un corps social. Pour qu’il y ait société, et, à plus forte raison, pour que cette société prospère, il faut donc que tous les esprits des citoyens soient toujours rassemblés et tenus ensemble par quelques idées principales ; et cela ne saurait être, à moins que chacun d’eux ne vienne quelquefois puiser ses opinions à une même source et ne consente à recevoir un certain nombre de croyances toutes faites. Si je considère maintenant l’homme à part, je trouve que les croyances dogmatiques ne lui sont pas moins indispensables pour vivre seul que pour agir en commun avec ses semblables. » Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique (1840).

Il faut savoir que l'origine grecque du mot "dogme" signifie "opinion". Tocqueville est réaliste et il a bien compris la nécessité des dogmes (au sens étymologique), pas forcément religieux, pour qu'une société puisse vivre  ensemble.

Cela est valable aussi pour les chrétiens pour qui l'Eglise est aussi une société -"mais pas que"- nécessitant des "idées principales" et fédératrices.

Publié dans REFLEXION

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