La discipline de l'Eglise catholique latine dans les pays francophones concernant la pratique de l'absolution collective

Publié le par Secteur pastoral de Muzillac

Le Christ, selon les évangiles, a confié aux apôtres et donc à l'Eglise la discipline du sacrement du pardon. Suite au concile Vatican II (1962-1965), un certain flou a prévalu dans les rituels provisoires, entre 1973 et 1984, concernant la pratique de l'absolution collective dans l'Eglise latine. C'est le Synode de 1983 qui portait sur le sacrement de réconciliation et de pénitence qui a donné les éclaircissements nécessaires, en même temps que le nouveau code de droit canonique de cette même année 1983. Depuis, un certain nombre de prêtres dans notre diocèse continuent à pratiquer les absolutions collectives malgré l'absence d'autorisation de la part de notre évêque. La bienveillance évangélique m'oblige à penser que ces prêtres obéissent sûrement à leur conscience. La plupart comprennent en effet la discipline de l'Eglise, mais ils ont peur de bousculer les anciens de leurs communautés, les derniers pratiquants de cette forme de célébration. Pour ma part, -au risque de passer pour "intransigeant" mais Jésus n'a-t-il pas parfois montré une certaine intransigeance?- je ne vois pas que l'histoire du sacrement, sa théologie ni sa discipline actuelle permettent de la pratiquer sur le doyenné dont j'ai la charge. Cela m'est parfois reproché, de manière non rationnelle. Comme en toute chose, il faut tenir compte de la partie psychologique des réactions humaines. "Comment se fait-il que dans tel doyenné cela se pratique et pas dans tel autre? Comment se fait-il que tel ou tel de vos prédécesseurs l'aient autorisé et pas vous? ". Pour bien montrer que, pour ma part, je ne pratique que ce que demande l'Eglise en la matière, je mets en P.J. le texte autorisant les absolutions collectives dans des conditions très précises - dans l'Eglise latin à laquelle j'appartiens- et que je ne rencontre pas sur le doyenné qui m'est confié. Je ne vois pas comment on ne peut pas comprendre ce texte si clair, ni comment on peut transformer ce si beau sacrement que le pape François nous propose pour l'année de la Miséricorde, en occasion de division. Quel exemple donnons-nous aux plus jeunes, comment peut-on expliquer aux nouveaux chrétiens cette anarchie de fait? Prions pour que chaque catholique écoute ce que l'Esprit d'unité attend de notre Eglise en vue de la mission et qu'il se réconcilie au plus vite -si besoin est- avec le sacrement de la réconciliation !

P. Jean-Eudes

Publié dans CELEBRER

Commenter cet article