"Jésus n'a jamais dit"

Publié le par Secteur pastoral de Muzillac

"Jésus n'a jamais dit".

On entend souvent cette locution pour expliquer que les dogmes ou préceptes de l'Eglise seraient la plupart du temps nuls et non avenus. 

Même l'abbé Pierre - que nous admirons tous par ailleurs- utilisait cet argument pour expliquer que le précepte dominical ne tenait pas la route : "Jésus n'a jamais obligé un catholique à venir chaque dimanche à l'Eglise", affirmait-il. Jésus n'a jamais interdit non plus le contraire, aimerions-nous lui répondre !

En effet, à ce petit jeu, on peut répondre que Jésus, d'après les évangiles, n'a jamais interdit à ses apôtres de formuler de nouveaux préceptes ou de nouvelles opinions (dogma, en grec = opinion). Et selon les Actes des apôtres, de nouveaux préceptes sont bien élaborés en Eglise, dès les premiers temps de l'Eglise, comme on le voit durant le "concile de Jérusalem". 

Jésus a en fait institué un "collège des apôtres" qu'il a doté de l'autorité ministérielle. Il faudrait écrire tout un livre pour le démontrer en s'appuyant sur les Stes Ecritures. Autrement dit, Jésus a donné son Esprit Saint à son Eglise et à ses apôtres. Ces derniers sont donc capables de prendre des décisions de manière adulte dans l'Esprit Saint, c'est à dire dans l'Amour de Dieu et du prochain. 

L'Eglise est Corps du Christ, et comme tout corps, il y faut une structuration, une organisation, une harmonisation. On appelle cela "l'institution", les "dogmes", le "magistère", les "obligations", les "préceptes", le "Code de droit canonique", les "rubriques liturgiques", etc. On peut toujours être en désaccord avec tel ou tel précepte ou opinion de l'Eglise, l'essentiel étant d'être honnêtement loyal et de vivre surtout dans l'Esprit Saint. Sinon, c'est l'anarchie dans l'Eglise, et un corps sans coeur (l'Amour) et sans tête (le Christ), ça ne marche pas ! Un corps à qui il manque un autre membre, cela est également très dommageable pour tout le corps.

Et puis, celui qui a fait un peu d'histoire sait bien que l'Eglise peut évoluer. Si l'Eglise n'était pas réformable, cela se saurait.

Demeurons en tout cas dans l'Amour du Christ pour son Eglise, son Corps, comme nous le rappellent ceux qui vivent du sacrement du mariage.

Qu'en pensez-vous ? Vous pouvez laisser un commentaire ci-dessous.

P.Jean Eudes

 

Publié dans REFLEXION

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article