HOMELIE 4 DIM AVENT B, prononcée à Billiers, Le Guerno et Noyal-Muzillac 2008

Publié le par curé du secteur de Muzillac

Dans une semaine, c’est Noël, nous sommes donc dans les préparatifs. Noël, c’est la fête de l’Incarnation du Fils de Dieu. Que signifie le mot « incarnation » ? C’est le fait que Dieu prenne notre chair. Il ne fait pas semblant, par un coup de baguette magique, de nous créer et de nous sauver. Il partage notre condition humaine jusqu’au bout.

C’est pourquoi, nous ne pouvons pas négliger les préparatifs matériels. Nous ne pouvons pas les ignorer. Même si ce n’était pas d’emblée notre envie, il est même de notre devoir de faire un effort pour bien fêter Noël, de faire plaisir et de se faire plaisir, même matériellement. Car nous ne sommes pas des anges. Nous avons besoin de manifester concrètement notre joie d’accueillir le Fils de Dieu dans nos vies. Ce peut être tout simple, sans grands moyens, car nous savons que c’est le geste qui compte. Nous pouvons encourager en ce sens les associations caritatives qui améliorent le quotidien des personnes en difficulté, en leur offrant par exemple un repas digne de Noël. Nous pouvons faire aussi un effort pour que les célébrations de Noël soient encore plus festives. Et n’oublions pas de confectionner une crèche pour le plaisir des plus jeunes.

Il y a également les préparatifs spirituels qui sous-tendent d’ailleurs tout l’effort matériel. Et là, les lectures de ce jour nous montrent en modèle la figure de la Vierge Marie au jour de l’Annonciation. L’Annonciation, c’est –nous l’avons entendu – le fait que l’ange Gabriel annonce à la Vierge Marie - si elle accepte - qu’elle deviendra la mère du Sauveur. C’est donc aussi la réponse de Marie. Sans cette réponse, nous ne serions pas dans cette église. Nous serions peut-être à passer nos dimanches à chasser, à faire les commerces ou à travailler. Peut-être serions-nous à vénérer d’autres dieux que celui de J Xt, ceux de nos ancêtres païens. La réponse de Marie a donc changé le cours du monde. Cela ne s’est pas fait sans hésitation. Le doute a traversé son esprit. Elle a cherché une réponse et quand elle l’a trouvée, elle a pris sa décision et s’y est tenue jusqu’au bout, jusque devant la croix,  devant Dieu. Elle a mis toute sa confiance en Dieu et son doute lui a permis finalement de grandir dans la foi. Nous aussi, comme Marie, nous sommes invités – au-delà de nos doutes, notre timidité, nos faiblesses -à donner non seulement notre corps et notre vie au Seigneur, mais à donner, chaque jour, corps au projet d’amour de Dieu sur notre monde. Par le baptême et la communion eucharistique, nous devenons Corps du Christ. Or le Christ n’a pas d’autres mains que les nôtres, pas d’autre regard de compassion que le nôtre, pas d’autre cœur que le nôtre. C’est par les baptisés que le Christ peut aujourd‘hui mettre au monde le Christ dans nos maisons, nos quartiers, nos familles, notre travail, nos paroisses. Dieu attend notre réponse. Il ne peut pas nous forcer, seulement nous demander à chacun : « veux-tu être ma mère, mon frère, ma sœur, veux-tu participer à fonder et faire grandir la famille de Dieu ? ».

Afin de bien préparer Noël, matériellement et spirituellement, demandons à l’Esprit Saint la force de répondre chaque jour comme Marie : « Me voici, Seigneur, Qu’il me soit fait selon ta parole ».    AMEN

Publié dans HOMELIES ANNEE B

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cure de Rochefort en Terre 21/12/2008 12:56

Bravo. C'est toujours concret et liturgique.
Je fais parti aussi de praedicatho.
Père J.B. de B