HOMELIE 4 DIM TO B BILLIERS ARZAL MUZILLAC 2009

Publié le par curé du secteur de Muzillac

Comme saint Paul, dans la deuxième lecture, j’ai envie de vous dire : « frères, j’aimerais vous voir libres de tout souci ». Mais, nous le savons bien, notre pape Benoît XVI a pris une décision en conscience, la levée de l’excommunication de quatre évêques intégristes dont l’un remet en cause l’extrême gravité de la Shoah. Cela provoque à travers le monde une mini-tornade, une tempête qui va s’apaiser quand la lumière sera faite peu à peu sur cet événement. Cette troublante affaire est en tout cas pour nous tous l’occasion de montrer que nous vivons dans la paix et la joie de l’Evangile, tel qu’il est lu en Eglise et précisément l’Eglise réformée par le concile Vatican II. On entend les partis de tous bords se prononcer de manière assez péremptoire sur le concile : « moi je vis dans l’esprit du concile ! », « moi, j’émets des réserves sur le concile !». Vivre dans l’esprit du concile, oui c’est formidable. Emettre des réserves, par contre, cela me laisse perplexe. Mais ne jugeons pas, ne lançons pas d’anathèmes. Quoi qu’il en soit, le concile est à prendre entièrement, sans faire de tri, non seulement dans son esprit mais aussi concrètement dans son texte. Quand j’ai répondu à l’appel du Seigneur et de l’Eglise, je me suis promis de devenir prêtre du concile Vatican II, ni plus ni moins. « Le concile n’est pas négociable », comme le rappelle nos évêques, cela est vrai pour tous. Il est à prendre entièrement car ce concile fait autorité pour nous tous et pour de très nombreuses années. Les pères du concile se sont faits prophètes pour notre temps, jusqu’à ce qu’un autre concile dans 20 ou 30 ans adapte à nouveau le langage de l’Evangile et de l’Eglise pour les temps à venir. Le concile de Trente (du 16e siècle) a mis très longtemps avant d’être lui-même appliqué en France. Avec le concile Vatican II, c’est encore un peu le même scénario qui se déroule. La question que les catholiques devraient se poser est plutôt : comment mettons-nous en pratique le concile, non pas chacun de son bord, mais tous ensemble ? Mais connaissons-nous vraiment les textes du concile ? (cf le bulletin) Ne rejetons pas les accusations sur les autres. « Le diable c’est lui ! », « le mauvais catholique, c’est lui ! ». Non, sans exception, chacun pour sa part, laissons-nous tous plutôt transformer dans nos cœurs et nos esprits par la Parole pleine d’autorité de Jésus, une parole habitée, pleine de son Esprit, efficace, qui nous fait grandir ensemble dans l’amour fraternel. Cette parole nous renvoie sans cesse à l’amour de nos frères et finalement à l’Eglise qui n’est autre chose que l’essai, dès cette terre, de la Fraternité à la fois locale et universelle de toutes personnes en Dieu. Celui qui aime Dieu, mais qui concrètement n’aime pas son frère, qui concrètement n’aime pas l’Eglise, qui n’aime pas venir à l’église ne serait-ce qu’une fois par semaine, voire de temps en temps, cela me donne des cheveux blancs. Mais non, je dois rester heureux car je sais que l’amour du Seigneur a déjà vaincu toutes nos inimitiés. Le Christ est vivant, l’Eglise a les paroles de la vie éternelle. AMEN

Publié dans HOMELIES ANNEE B

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P. Jean Eudes 02/02/2009 11:13

Ce qui me semble le plus important dans l'affaire de la levée des excommunications, c'est l'obéissance que tout catholique devrait avoir à l'égard de Vatican II. A force d'interpréter le Concile chacun à sa manière, ou de l'ignorer pour faire sa propre religion, on en est arrivé à la situation que nous connaissons. Les abus dans l'après-Concile ont amené d'autres abus. Accuser le pape des pires maux me semble tout à fait hypocrite et facile. Il essaye tout simplement de faire son boulot de pape au service de l'unité et renvoyant chacun à la lecture attentive du Concile. C'est donc à chaque catholique de se demander : qu'est-ce que j'ai fait du Concile? Est-ce que je le connais ? Est-ce que je connais toutes ses décisions ? Est-ce que je les respecte toutes? Il ne suffir pas de déclarer "moi, j'ai l'esprit du Concile" (sous-entendu, j'ignore les textes du Concile, car j'ai mes réserves), car l'esprit du Concile c'est de nous renvoyer tous à l'application de ses textes. L'esprit du Concile, c'est l'humilité et la fraternité en Eglise, sans aucune réserve.