HOMELIE 2e DIM CAREME B 2009 LG NM

Publié le par curé du secteur de Muzillac

Savons-nous quel est le comble de la souffrance ? C’est quand un masochiste demande à un sadique : « Fais-moi mal » et que le sadique lui répond… « non ».

 

Non Dieu n’est pas mauvais, non Dieu n’est pas sadique, « odieux » comme certains le croient, et l’homme n’est pas masochiste, il n’est pas mauvais de nature.

 

L’histoire du sacrifice d’Abraham est à replacer dans un contexte historique et littéraire. A l’époque d’Abraham, les sacrifices d’enfants étaient choses courantes. Nos ancêtres pratiquaient ce genre de scfce probablement de manière sincère. L’histoire du scfce d’Abraham constitue alors un progrès considérable dans l’histoire de l’humanité. Les sacrifices humains nous dit la bible sont inutiles. Et pourtant l’humanité semble encore aujourd’hui avide de tels sacrifices. Les enfants ne sont-ils pas encore aujourd’hui trop souvent sacrifiés pour le bien-être des adultes ? Les débats parlementaires de notre pays sur les lois bioéthiques feront-ils droit à la dignité de l’enfant à naître, à la dignité de tout être humain ? Les évêques de France ont lancé un large débat notamment par le moyen d’un site internet. Il existe aussi de multiples documents sur la question et même une conférence à Vannes prochainement (voir le bulletin). Le sacrifice de Jésus en croix veut signifier l’arrêt de mort de tous les sacrifices inutiles. Saurons-nous entendre le message de l’Evangile pour notre monde ?

 

Dieu est pour nous, proclame saint Paul dans la deuxième lecture. Dieu veut notre bonheur infini, on dit avec la Bible qu’il veut nous partager sa propre gloire. Dieu nous aime et il veut tout nous donner de sa propre vie. Là est la grande découverte de l’Amour de Dieu. Le récit de la Transfiguration de ce jour nous le rappelle de manière utile pendant ce carême. Les récits de la Passion de NSJC  ne doivent pas nous faire oublier la gloire qui lui revient et qu’il nous offre.

 

Nous venons d’entendre ce récit de la Transfiguration et je voudrais que nous restions ensemble sur le Thabor et vous partager un magnifique texte du 2e siècle de Saint Irénée de Lyon qui lui correspond bien.

« La splendeur de Dieu est vivifiante, a écrit saint Irénée: ceux qui voient Dieu, reçoivent la vie. C'est pourquoi, lui, l'insaisissable, l'incompréhensible, l'invisible, se donne aux hommes, en se rendant visible, compréhensible et saisissable, pour vivifier ceux qui le reçoivent et ceux qui le voient. Car vivre sans la vie, c'est impossible: la substance de la vie vient de la participation à Dieu; et participer à Dieu, c'est voir Dieu et jouir de sa bonté. Ainsi les hommes verront Dieu pour vivre: par cette vue, ils deviennent immortels et arrivent à Dieu. Je l'ai dit, il était annoncé en image par les prophètes que Dieu serait vu des hommes qui portent son Esprit et sans cesse attendent sa venue. C'est ainsi que Moïse dit dans le Deutéronome : En ce jour-là, nous Le verrons, car Dieu parlera à l'homme, et l'homme vivra. La puissance et la grandeur de celui qui opère tout en tous est invisible et inexprimable pour tous ceux qui ont été faits par lui; toutefois il ne leur est pas inconnu: tous apprennent de son Verbe qu'il n'y a qu'un seul Dieu Père qui contient tout et donne l'être à toutes choses: ainsi qu'il est écrit dans l'Évangile : Nul n'a jamais vu Dieu, sinon le Fils unique, qui est dans le sein du Père, qui l'a révélé. […] C'est pourquoi le Verbe s'est fait le dispensateur de la gloire du Père au profit des hommes pour qui il accomplit de telles [œuvres]: ainsi il montre Dieu aux hommes, et présente l'homme à Dieu, tout en préservant l'invisibilité du Père, de peur que l'homme n'en vienne à mépriser Dieu, en même temps, pour qu'il ait toujours des progrès en vue, il rend Dieu visible aux hommes en le montrant par de nombreuses [œuvres], de peur que, totalement privé de Dieu, l'homme cesse d'être. Car la gloire de Dieu, c'est l'homme vivant, et la vie de l'homme, c'est la vue de Dieu, Si la révélation de Dieu par la création donne la vie à tout être vivant sur la terre, combien plus la manifestation du Père par le Verbe donne-t-elle la vie à ceux qui voient Dieu ! »

« La gloire de Dieu, c'est l'homme vivant et la vie de l'homme, c'est la vue de Dieu » : en conclusion, je livre à nos mémoires cette extraordinaire vérité de la foi. Oui, cherchons sans cesse le visage de Dieu en nous tournant toujours vers le Christ Jésus et en  nous tournant en même temps sans cesse également vers tout être humain, notamment les plus fragiles, pour lequel le Verbe s’est fait chair, a souffert la Passion, a accepté de subir le « sacrifice pur et parfait » afin de supprimer autant que possible tout autre sacrifice humain, et enfin est ressuscité dans la gloire de Dieu notre Père. AMEN

 

Publié dans HOMELIES ANNEE B

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