HOMELIE 3 DIM CAR B 2009 BIL ARZ MUZ

Publié le par curé du secteur de Muzillac


Nous contemplons aujourd’hui la Sainte Colère de Jésus racontée par les 4 évangélistes.

Des marchands s’étaient introduits peu à peu dans une partie annexe du Temple, le parvis des Gentils, par commodité ou pour des raisons purement humaines. Comme Fils unique de Dieu, Jésus est tourmenté par le Temple. Il ne peut tolérer que l’on dénature les lieux sacrés, qu’on les manipule. Jésus défend en fait les droits de Dieu. Il faut rendre à Dieu ce qui est à Dieu. Il faut purifier le Temple.

En réalité, nous connaissons que très mal les événements historiques précis qui ont déclenché cette sainte colère.

Nous savons que le zèle amoureux de Jésus le conduit inévitablement à la mort, au conflit, à l’affrontement. Deux explications sont possibles quant à la colère de Jésus :

D’une part, on peut penser que certains Juifs se moquaient éperdument de la maison de Dieu. D’autres ne comprenaient pas son importance. Mais n’est-ce pas encore la même chose aujourd’hui pour de nombreux baptisés ? Nous-mêmes, nous sentons-nous vraiment concernés par le Temple de Dieu, cad le Corps du Christ qui est l’Eglise ? Aimons-nous de manière indissoluble et indivisible le Christ et l’Eglise ? Ou essayons-nous de diviser l’un de l’autre par commodité personnelle ? N’est-il pas plus facile aujourd’hui, plus correct médiatiquement de se trouver en-dehors de la Maison du Seigneur, en-dehors de l’Eglise ?

D’autre part, on peut supposer que certains Juifs se moquaient éperdument de justice sociale. Jésus, à la manière des prophètes de l’AT, en s’en prenant aux marchands du Temple s’en prendrait à une certaine forme du culte même, un culte qui n’a aucune répercussion sur la vie quotidienne. On refuse de faire un lien entre la prière et la vie de chaque jour, de faire de l’amour de Dieu la source de son action. C’est tellement dérangeant et difficile ! N’est-ce pas encore trop souvent la même chose aujourd’hui ? A chacun de considérer comment sa manière d’écouter la Parole du Seigneur, de prier, de communier peut déterminer sa manière de vivre de manière juste dans et pour la cité des hommes.

Helder Camara qui était évêque  raconte cette histoire : « Un jour, des fidèles viennent me demander de célébrer une messe de réparation dans leur village. Pourquoi ? Parce que des voleurs ont pillé l’église, ils ont cassé le tabernacle, emporté les ciboires et, en partant, ils ont jeté les hosties dans la boue. J’y suis allé, bien sûr, et je leur ai dit : « Vous êtes horrifiés parce que le Corps du Christ a été jeté dans la boue. Vous avez raison. Mais n’oubliez pas qu’ici et ailleurs, le Corps du Christ est jeté dans la boue quand les plus pauvres, les plus petits sont écrasés, humiliés ».

Alors n’abandonnons pas notre humanité aux conseils d’administration de telle ou telle entreprise, à tel marchand d’armes, à tel ou tel profiteur du système, à tel ou tel paradis fiscal, à tel ou tel immobilisme, à tel ou tel ignorant de la dignité de tout être humain.

N’abandonnons pas non plus notre Eglise pour laquelle Jésus a donné et donne toujours sa vie, pour laquelle il se tourmente sûrement encore aujourd’hui. La lettre de Benoît XVI aux évêques fait très bien écho à cette Passion du Christ. Puissions-nous la méditer humblement. Gardons toujours notre amour de la sainte Eglise de Dieu qui comprend les pécheurs que nous sommes, il est vrai, mais qui savons avoir besoin de conversion, car nous ne prétendons pas être meilleurs que quiconque.

 

Publié dans HOMELIES ANNEE B

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