HOMELIE 3 DIM PAQUES B 2009 BIL ARZ MUZ

Publié le par Secteur pastoral de Muzillac

Un récent sondage laissait entendre que les Français et les catholiques non pratiquants croyaient de moins en moins en la Résurrection du Christ et en leur propre résurrection. Pour illustrer cette désagrégation de la foi, voici un témoignage significatif relevé dans un journal chrétien d’une jeune, Élisabeth, 18 ans : «Quand je ne croyais qu'à la résurrection, j'étais perdue, car je n'avais pas d'amis chrétiens. Ce n'était pas suffisant pour donner du sens à ma vie. Maintenant que je crois aussi à la réincarnation et à la communication avec les esprits, je peux partager ma foi avec d'autres et je me sens plus solide. Ces trois piliers m'aident pour dépasser mes difficultés quotidiennes. Je m'appuie tantôt sur l'un tantôt sur l'autre mais, au bout du compte, je tiens debout car je sais que je ne peux compter que sur moi et sur ma foi.» Le manque de catéchèse n’est pas seulement en cause. L’individualisme des chrétiens, leur isolement les uns par rapport aux autres ne peuvent que les laisser à un vide de sens que chacun essaie de combler comme il le peut. Les plus jeunes sont les premières victimes de cette désocialisation en Eglise des chrétiens. En-dehors de leur communauté, c'est chaque baptisé « qui se trouve alors acculé à trouver en lui-même les ressources, les points de repères et les références pour inventer le sens de sa vie et de ce qui la dépasse ». D’où la grande confusion qui règne dans l’esprit de nombreux chrétiens.
Or l’évangile de ce jour nous redit avec force conviction l’importance de la résurrection du Corps du Christ. Jésus ressuscité apparaît dans un corps renouvelé, un corps libre qui semble maîtriser les lois de l’espace et du temps. Encore aujourd'hui, dans chaque Eucharistie, le Christ, au-delà de l’espace et du temps, donne aujourd’hui sa « chair » à manger, corps ressuscité, sans faire pour autant de nous des anthropophages ! Le mot « chair » dans la bible désigne en effet, non pas la « bidoche », mais l’être humain dans sa totalité. Communier à l’Eucharistie signifie alors accueillir la personne entière de Jésus ressuscité dans ma vie. Le Christ est en moi, mais à vrai dire, c’est moi qui vis dans le Christ car Il est plus grand que moi, Il me précède, Il est le propre Fils de Dieu, Seigneur et Dieu. Je participe à vrai dire à sa résurrection dès le jour de mon baptême. Cette résurrection est pour tous les baptisés d’abord intérieure. Mais avec cette résurrection du Christ à laquelle nous participons par les sacrements, au-delà de la mort corporelle et surtout de la mort au péché et à toute forme de mal, mon identité personnelle ne se désintègre pas, ne se dilue pas, mais c’est tout mon être qui est peu à peu transformé, sanctifié et glorifié.
Puissions-nous partager cette bonne nouvelle de la « résurrection de la chair » entre chrétiens, dans l'amitié les uns pour les autres, et spécialement en direction des plus jeunes. Puissions-nous pour cela trouver les mots justes en comprenant bien le langage biblique. AMEN

Publié dans HOMELIES ANNEE B

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