Dernière lettre du P.Georgino, curé en Amazonie

Publié le par Secteur pastoral de Muzillac

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P. Georgino avec Roger Tabart lors de la fête de ND de la Garde en 2010 à Billiers
"Bien le bonjour à toi!
 
Je suis à mon sixième mois ici comme curé de paroisse. Expérience totalement nouvelle pour moi, où j’apprends au gré des jours et des rencontres à vivre mon ministère de prêtre.
J’avoue être heureux dans ce nouveau ministère, pourtant chargé de défis. Ceux-ci sont éminemment pastoraux, missionnaires et personnels. En effet, je découvre la pastorale diocésaine, l’esprit d’appartenance à un presbyterium que je dois acquérir à travers un engagement missionnaire qui se précise un peu mieux dans ces multiples contours.  Défis personnels aussi, car je découvre au jour le jour la nécessité d’épurer mes rêves ou de les ajuster à la réalité pastorale qui est la mienne: une réalité qui n’a rien d’idéale, mais que je dois accueillir comme l’unique espace où je dois répondre de manière précise à l’appel du Seigneur dans ma vie.
 
En six mois, je sais que les plus grands défis à relever ne sont pas de langue que j’utilise et que je dois mieux connaître, mais viennent de cette annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus Crist, telle qu’elle est crue, célébrée et annoncée par l’Eglise au milieu de ce peuple merveilleux du Brésil – et particulièrement du diocèse de Rio Branco. Aujourd’hui, en même tant que je doive apprendre à mieux connaître l’histoire de mes paroissiens, leur culture, leurs combats et leur espérance, je dois pouvoir encore leur annoncer Jésus Crist de manière à mieux faire manifester toute la vérité et toutes les conséquences de l’Incarnation.
 
Je suis responsable de la deuxième paroisse le plus importante du diocèse, et la plus plus ancienne également. De manière générale, mes paroissiens appartiennent pour une part importante à la couche sociale moyenne: des personnes qui ont à la fois des moyens financiers suffisants et une bonne culture intellectuelle. L’autre partie est constituée de personnes plutôt pauvres, et qui ont besoin d’appui et d’aides, de l’Eglise et de la société de manière générales.
C’est un peuple très sensible. Cela m’oblige à plus de retenus que je ne le pensais avant... Là aussi, je dois encore apprendre à articuler mes propositions pastorales et mieux penser la manière de les présenter. Bien évidemment, il s’agit d’appliquer la pastorale du diocèse de manière efficace, avec les talents – s’il en était – que le Seigneur m’a accordés.
 
Nous avons eu des élections pour un nouveau conseil général au niveau de mon Institut. Suite aux changements qui ont été opérés dans l’administration de mon Institut au niveau général, nous allons bientôt connaître d’autres changements au niveau de la direction régionale (au Brésil). Nous aurons à élire un nouveau supérieur régional... [...].
L’expérience paroissiuale, au-delà de certaines difficultés rencontrées, vaut bien la peine d’être faite. Bien évidemment, je pense beaucoup à la formation des futurs missionnaires de Saint-Jacques à qui il faut donner une formation solide et enracinée dans une expérience pastorale (ce qui manquait – et manque encore – à ma formation, vue que je n’ai été en paroisse qu’occasionnellement). Je fais aussi l’expérience d’être collaborateur d’un évêque en tant que responsable de communautés paroissiales. Ce sont là des ouvertures dont les bienfaits me réjouissent.
 
Enfin, je voudrais aussi te remercier pour les honoraires de messe que tu m’as envoyés par l’intermédiaire des Thierry. En mission, ces aides sont d’une grande utilité. Elles m’auront permis de lancer de petits projets et de sensibiliser des personnes autour de moi sur des projets d’aménagement des espaces: pour la catéchèse, l’accueil des paroissiens, l’animation de la pastorale juvénile.
Bientôt, sera lancée dans ma paroisse la Caritas paroissiale, qui sera financée par les offrandes des fidèles. Un projet que je trouve ambitieux, et pour lequel j’entends faire tout ce qui est en mon pouvoir pour le réaliser. Ce qui me marque le plus dans ce projet, c’est que l’offrande des fidèles de ma paroisse pourra être utilisée pour aider les sœurs et les frères nécessiteux de notre communauté, sans devoir quémander à une église d’un autre pays. Tu dois sans doute lire dans ce passage, toute la souffrance que je porte de voir mon propre pays dépendre de subsides extérieures même pour des programmes haïtiano-haïtiens. 
 
Enfin, le mois de septembre, je fais faire un stage de langue à Brasilia. Question de mieux maîtriser la langue pour un meilleur service pastoral.
 [....] 
Ce sera avec joie que je t’accueillerais dans ma paroisse – le temps que j’y resterai bien évidemment.
Salutations spéciales à tous les paroissiens et toutes les paroissiennes du doyenné.
 
 
Union de prière, et amitiés fraternelles in Christo, Photo0146.jpg
Georgino+ "
                          
                           P.Georgino avec Hylan en 2010
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