Dernières nouvelles du P.Georgino (3)

Publié le par Secteur pastoral de Muzillac

Mardi 19 janvier 2010
Nous sommes aujourd’hui le 19 janvier 2010 La situation à Port-au-Prince évolue un peu. L’aide arrive de plus en plus massivement au pays, au moins à l’aéroport de Port-au-Prince.
Le ballet des hélicoptères au dessus de la ville, dit bien avec quelle intensité le secouristes s’activent pour venir en aide aux sinistrés. Malheureusement, il faudra encore sans doute encore quelques jours pour que tous les sinistrés aient accès aux aides. Un épineux problème qui vient compliquer encore plus la situation, c’est la présence de bandits échappés des prisons qui continuent à rançonner la population et semer encore plus d’inquiétude chez les gens. Un autre problème qui nous préoccupe, c’est la distribution du carburant dans les stations de service. Celles-ci ne sont que timidement ouvertes : un nombre trop insuffisant de ces stations fonctionnent actuellement. Il faut être très chanceux de pouvoir se ravitailler en carburant. Ainsi, les déplacements deviennent très difficiles, et risqués. Ainsi dont, je n’ai pas pu obtenir les informations que je voulais à propos du clergé et des bâtiments de l’Eglise en Haïti. Nous sommes heureux de pouvoir annoncer au Carmel de Morlaix que le Carmel de Pétion-Ville n’enregistre aucun cas de décès, même si leur bâtiment n’est pas sans avoir reçu des dommages. Nous ne pouvons pas dire autant pour la communauté dite Les Compagnes de Jésus évoluant à Léogane, ville au sud de Port-au-Prince. Celles-ci ont perdu deux des leurs : la directrice d’école, Esta Joseph et son assistante, Ananie Labady. L’école Sainte Rose de Lima de Léogane est détruite. Leur bâtiment de Saint Gérard, à Port-au-Prince, gravement endommagé. La ferme et le village qu’elles ont à Signau, sur Léogane, bien abîmés. Une partie du Sanatorium en charge par les petites sœurs de Sainte Thérèse est affectée. Les sœurs de Sainte-Thérèse, une communauté religieuse locale est bien atteinte : des morts et des blessés dans leur maison à Rivière-Froide au haut de Carrefour. Nous ne connaissons pas le nombre des religieuses décédées. Toutefois, on m’a indiqué qu’une centaine d’élèves sont mort sous le poids de l’école abattue sur eux… Que le Seigneur les reçoive tous dan son paradis ! La maison des sœurs Missionnaires du Christ Roi, à Léogane est effondrée, mais grâce à Dieu, pas de décès. Mais une sœur est gravement blessée. Nous remercions les sœurs Compagnes de Jésus de leur visite à nos deux maisons à Lafleur-Ducheine et de Fontamara. En ce qui concerne les sœurs de la Sagesse. Leur maison de Mariani, détruit. Six sœurs sont décédées. Mais, une équipe de secouristes est venue constater les dégâts. Il semblerait qu’il y ait encore une sœur vivante sous les décombres. Cette équipe avait promis l’envoi d’une équipe plus compétente et équipée pour essayer de dégager au moins un corps et la sœur vivante sous les décombres. Mais encore à 10 heures ce matin, l’équipe n’était pas encore présente sur les lieux. Sœur Jeanne et Sœur Claudia, des sœurs de la Sagesse, reçoivent des soins dans un centre hospitalier. Elles ont été gravement atteintes, au niveau des hanches et des jambes pour sœur Jeanne, et au niveau des jambes et des pieds pour sœur Claudia. Sœur Claire Bernard a retrouvé sa communauté de Pétion-Ville. Le Filles de Marie, au Bel-Air, ont perdu, pour sûr deux de leurs sœurs, la supérieure provinciale et une autre…. On n’a aucune information concernant d’autres sœurs et des élèves qui seraient prises sous les grabats. J’essaierai d’obtenir des infos plus sûres dès que possible. Les Montfortains auraient perdu non pas 11 membres, mais dix, au dire des sœurs de la Sagesse. Mais je n’ai pas pu vérifier par moi-même l’info ainsi recueilli. Nous recevons à l’instant une visite du frère Milot. Ce qui ne manque pas de nous faire plaisir, surtout au père Jehannin qui vraisemblablement était inquiet de n’avoir aucune nouvelle de sa communauté de Saint-Louis de la rue du Centre. Le frère Joseph Bergot dont on a trouvé le corps, mort à Lamenais et le frère Dominique est porté disparu. On suppose qu’il est mort sous les décombres. Les funérailles du frère Bergot ont lieu le jeudi, deux jours après le séisme. Le frère Milot nous informe aussi que des morts ont été retirés des décombres de Saint-Louis. Au niveau de l’Ecole normale, il y a beaucoup de victimes humaines. Au niveau de l’école, un enfant est tué après le premier coup du séisme quand un bâtiment est tombé là-dessus. Un frère du Père Zamor est mort aussi dès les premiers moments du séisme. A Jacmel, le centre catéchétique est devenu un centre d’accueil pour les personnes sinistrées. Je suis en contact avec le Père Philippe Désiré qui dirige le centre. Malgré le nombre important de bénévoles, le père Désiré me dit que le centre est dépassé. Il n’a pas la capacité pour répondre à tous ces besoins d’aide. J’ai appris aussi que la route de Jacmel a été réparé, et que la ville a ainsi reçu un premier arrivage de carburant. Le Père Pierre Pistiaux a pu parler avec le Père Jean-Michel. Celui est en bonne santé. Mais son presbytère est bien endommagé. Il lui faut l’avis d’un expert pour voir quoi faire et comment faire pour consolider la bâtiment qui reste encore debout, grâce semble-t-il par la galerie… Vous devez comprendre que la communication téléphonique ne fonctionne toujours pas. On a un service très irrégulier. J’ai obtenu aussi des informations concernant les séminaristes et les prêtres séjournant à Jacmel à l’heure du séisme. Tous se portent bien. Cependant, beaucoup de chapelles sont détruites ainsi que l’église paroissiale de Cap-Rouge. Depuis hier, je ne reçois aucun message via internant venant de notre maison régionale de Lafleur-Ducheine. Sans doute que là-bas, il n’y a plus d’électricité ou que internet ne marche plus. J’irai cet après-midi voir si les Pères André Siohan et André Le Barzic ont quelques informations supplémentaires à envoyer à Saint-Jacques. En tout cas, ils ont reçu la visite du Nonce. Un grand encouragement pour eux et pour nous tous. Les pères de Fontamara ont pu entrer en contact avec leur famille en France via un téléphone magicjack dont le numéro est le suivant : 001 954 905 97 53. J’ai reçu aussi un appel de la maman du Père André Siohan à qui j’ai donné des informations autant que la qualité de la communication l’a permis. Nous n’oublions et nous ne négligeons pas nos confrères haïtiens en mission au Brésil en France. J’essaie de trouver autant d’informations possibles concernant leurs proches et leurs familles. Je sais que les pères ressortissants du diocèse de Jacmel sont informés par un des propédeutes de cette année. Veniel, un séminariste des Perches, m’a téléphoné et m’a donné de bonnes nouvelles de sa famille. J’espère qu’il pourra me fournir d’autres informations concernant d’autres séminaristes. Jean-Ricot Brutal, séminariste de notre Institut, est rentré chez lui après un passage au centre hospitalier de Cange. Par un autre propédeute, Vilson Willy des Palmes, j’ai appris aussi que l’on n’a pas à s’inquiéter pour les parents et les proches du Père Jean-Nicaisse Milien. Toutefois, je n’ai aucune information concernant ses proches qui auraient été présents à Port-au-Prince lors du Séisme. Les pères originaires du Nord n’ont pas à s’inquiéter non plus. Mais je ne dispose d’aucune information concernant leurs proches qui seraient à Port-au-Prince. Sitôt que j’aurai une info, je la communiquerai. Des corps sont transportés au Stade sportif de Port-au-Prince, qui, faute de funérailles et d’enterrement, des corps, par dizaine, sont brulés. Prière de communiquer ce message aux parents adoptants : Nous sommes toujours heureux de pouvoir les accueillir dans nos maisons. Nous comprenons bien aussi qu’ils soient inquiets pour leurs enfants d’adoption, et qu’ils veuillent venir en aide aux leurs… Mais ils doivent comprendre qu’il nous est très difficile de leur décrire avec exactitude la situation de la ville de Port-au-Prince, et du pays en général. Nous leur demandons de ne pas envisager de venir au pays avant au moins un mois. De plus dans la situation où nous sommes, nous accueillons tous les membres de notre Institut et des religieux et prêtres de notre entourage dans les chambres où nous les recevions avec joie, et dans lesquelles nous espérons pouvoir continuer de les recevoir les jours suivants. De plus, nous ne pouvons toujours pas à nous ravitailler en carburant, ce qui rend nos déplacements impossibles. Peut-être c’est là un problème qui ne pourra être résolu qu’après une quinzaine de jours, du moins nous l’espérons. Aujourd’hui, avec un jerricane, Jean-François a parcouru toute la ville à la recherche de carburant. Mais il nous est revenu bredouille !!! Très rares sont les maisons de Port-au-Prince encore debout et ne représentant beaucoup de danger pour ceux qui voudraient y résider. Nous-mêmes, à la manière de toute la population, nous dormons à la belle-étoile, par peur de voir notre maison s’effondrer sur nous. Encore une fois, nous sommes confiants en leur bonne compréhension.

Père Georgino Rameau, spsj Port-au-Prince, Haïti, 19 janvier 2010

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