Dernières nouvelles du père Georgino, en date du vendredi soir 22 janvier (4)

Publié le par Secteur pastoral de Muzillac

« Je dirige une centrale d'information,  je donne des nouvelles à tout le monde….. »

 

« Je veux dire  un grand merci aux paroissiens et aux amis pour leur soutien. Ne pas se sentir seul, c'est là un cadeau que tout le monde n'a pas. [...]. Nos prêtres de Muzillac me sont restés très attachés. Grand merci.... »

 

« Le temps est bien loin d'être beau. Pourtant, il ne pleut pas et il fait encore autour de 30° F. De temps en temps, un ballet bruyant d'hélicoptères qui empêchent toute communication orale. En ville, on rencontre moins de gens que par les premiers jours du séisme. Un grand nombre ont retrouvé des villes de provinces plus sûres, mais dont ils grossissent le nombre de la population, alors que les ressources ne les suivent pas. Demain, funérailles de l'Archevêque de Port-au-Prince, mort sous les décombres de sa maison épiscopale. Je suis passé sur les lieux ce midi, espace bien aménagé pour la cérémonie, rue dégagée et nettoyée... et la cathédrale détruite garde encore quelques pans de murs qui rendent à la fois nostalgiques et tristes ceux qui les regardent, tandis que, dans les ruines de la maison épiscopale, une dizaine de pilleurs, cherchent calmement des butins à emporter... »

 

« Je regrette beaucoup que les médias locaux ne fonctionnent toujours pas….. Je souffre aujourd'hui d'être si impuissant devant ce qui est en train de se vivre que j'ai envie trop souvent de pleurer. Je ferai de mon mieux pour faire de l'information mon arme de combat. J'espère que dans les jours à venir, je pourrai publier encore plus de textes sur les différentes situations de la population que je puis visiter... »

« Je sais aussi que les paroissiens et les amis de Muzillac et de France sont également là. C'est là un cadeau précieux pour lequel je ne saurais jamais dire suffisamment merci. Les jours à venir seront les plus durs... et il va falloir s'armer de courage et recevoir la grâce d'une foi forte pour continuer à avancer et à croire en l'avenir. »

 

 

Voici un message qui me fait bien plaisir envoyé par le Cardinal Roger Etchegaray

 

 « Haïti, réveille-nous »

 Cardinal Roger Etchegaray, ancien président du conseil pontifical Justice et Paix

 

«Je n’ai rien entendu de la terre qui tremblait si fort le 12 janvier. Je n’ai rien vu de cet amas monstrueux de ruines et de corps déchiquetés. Et pourtant, la solidarité internationale s’est aussitôt soulevée. Mais jusqu’à quelles limites dans ce pays où rien ne favorise la communication ? Rien ne doit nous arrêter !

J’ai survolé souvent l’île opposée en deux parties : à Saint-Domingue, on se croirait au-dessus de la Floride luxuriante, puis brusquement Haïti, désert de misère. Sur la même terre, le contraste et l’injustice. Haïti, réveille-toi ! Chacun a besoin de s’exprimer humblement. Un proverbe créole dit : « N’accuse pas le puits d’être trop profond, c’est ta corde qui est trop courte ! »

Le courage du peuple haïtien pour tenir debout coûte que coûte, c’est sa foi, sa confiance en Notre-Dame du Perpétuel Secours. Le bidonville le plus hideux, où survivent 200 000 affamés, s’appelle « Cité Soleil ». La grande chance de l’Église, c’est d’être bien présente et vivante, pauvre au milieu des plus pauvres de toute l’Amérique. Mais tous, nous sommes tout petits devant le mystère insondable de Dieu. Peuple haïtien, nous pleurons avec toi et nous gardons confiance. »

 

 

C'est un message qui me donne courage comme Prêtre et Haïtien, mais, je pense qui doit aussi réveiller les tièdes et les timides... Père Georgino

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