‘’Habiter la Liturgie que l’Eglise nous confie’’. Pour les chantres - animateurs liturgiques, les chefs de choeur, les organistes.

Publié le par Secteur pastoral de Muzillac

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S.D.P.L.S. Musique Liturgique- sdpls@diocese-vannes.fr – Doyenné de Muzillac - 8 décembre 2010

 

‘’Habiter la Liturgie que l’Eglise nous confie’’

Pour les chantres - animateurs liturgiques, les chefs de choeur, les organistes.

 

« Lors de la première exécution d’une oeuvre musicale, on peut parler de ‘création’. Mais chaque concert donné est une ‘manière de création’ car le chef d’orchestre et les musiciens créent une ambiance, nouent une relation originale avec le public, font vivre la pièce musicale… »

Il y a là une parabole de l’oeuvre liturgique. Chaque célébration est une ‘manière de création’ à laquelle sont intéressés tous les participants, chacun suivant sa mission et son charisme.

>>> ‘Habiter la liturgie’, c’est faire que soient vivantes les célébrations qui nous sont données. En chacune d’elle nous sommes animés* de la présence agissante du Christ : à nous de ne pas manquer le rendez-vous de l’Amour ! (*lat. animare : souffle vital)

‘Dites entre vous des psaumes, des hymnes et de libres louanges, chantez le Seigneur et célébrez-le de tout votre coeur.’ Ep5,19

§ Le chant liturgique

‘Tu n’as pas besoin de notre louange et pourtant c’est Toi qui nous inspires de Te rendre grâce : nos chants n’ajoutent rien à ce que Tu es mais ils nous rapprochent de Toi.’ Préface IV

o Ce qui est premier, c’est l’action liturgique, la rencontre de Dieu et son peuple, la rencontre de chacun avec le Seigneur de gloire : chants et musique demeurent au service de cette Rencontre.

o On ne chante pas en liturgie : on chante la liturgie ( ex. du chant de la Fraction du Pain, l’Agneau de Dieu qui accompagne le geste).

o Chanter devant les autres et encore plus, chanter avec les autres, est une manière forte d’entrer ensemble dans la même louange.

o Chanter ensemble : rien de tel pour constituer une assemblée, pour lui permettre de prendre corps, pour la faire exister.

o Chanter fait exister celui qui chante, et aussi celui ou ceux qui écoutent

o Chanter met en mouvement tout l’être : le corps, l’esprit et le coeur.

o La voix dans le chant liturgique : la manière de chanter influe sur les autres fidèles qui

reproduisent le modèle vocal qu’ils entendent. « Travailler sa voix dans l’esprit de la liturgie demande une ‘noble simplicité’. Une intonation belle et juste conduit efficacement vers le mystère célébré. » Charte des chanteurs liturgiques

Le chant liturgique favorise l’unité de la prière. Par les mélodies, les rythmes, il permet aux mots de descendre dans le coeur.

Le chant liturgique structure notre foi. La Bible résonne de chants, de cantiques, d’hymnes, de psaumes et de musique.

« La musique sacrée sera d’autant plus sainte qu’elle sera en connexion plus étroite avec l’action liturgique. »SC 112.

Le chant liturgique va aider le rite à se déployer sans en prendre la place.

Nous le savons, toute vie est une succession de rites.

Les rites de l’Eglise sont des opérations humaines qui révèlent que Dieu intervient et agit, «ils sont le lieu où le visible dit l’invisible. »

 

o le chant et la musique font et sont le rite lui –même (ainsi en est-il du Gloire à Dieu, du Credo, du Saint le Seigneur, de l’Anamnèse). Il n’y a rien à ajouter ou à expliquer. Ils nous intègrent à la louange de l’Eglise.

o le chant et la musique sont au service du rite :

- ils l’accompagnent, ils le renforcent (ainsi en est-il du chant d’entrée, des chants de procession des dons ou de communion, du chant de la fraction -Agneau de Dieu)

- ils préparent ou prolongent le rite (ainsi en est-il de l’Alleluia ou d’un chant ou musique après l’homélie.)

§ Le chant liturgique et le répertoire

Redire ou s’inspirer de l’Ecriture. Si les textes de nos chants structurent notre foi chrétienne, il est important de choisir des chants qui la nourrissent et qui la fassent grandir.

Mémoriser ces chants permet d’en goûter toute la saveur. Ils nous conduisent à chanter ‘par coeur’.

D’où l’importance de veiller à la qualité des textes comme à celle de la musique qui met celui-ci en valeur.

Comment choisir un chant ? il est important de le choisir par rapport au mystère pascal célébré et à l’action liturgique plus qu’à notre goût personnel.

o Quelques questions à se poser :

à qui il s’adresse ? De qui parle-t-il ? Qu’en dit-il ?

quel lien y a-t-il entre le texte du chant et la source biblique ?

ce chant est-il fidèle au contenu de la foi de l’Eglise que nous avons à transmettre ?

quel est le rapport entre le chant et la fête ou le temps liturgique que l’on célèbre ?

la forme du chant convient –elle à l’action liturgique qu’il accompagne ou qu’il constitue ?

est-ce que la forme ‘couplet/ refrain’ ne revient pas trop souvent ?

quelle mise en oeuvre ? l’alternance avec l’assemblée ? avec d’autres chanteurs ? avec

l’instrument ?

quelle diversité dans le style des chants choisis ?

beauté n’est pas forcément synonyme de savant ni de joli. Il est des mélodies simples qui

ne s’usent pas.

o Il sera bon de constituer progressivement un répertoire commun entre paroisses.

§ Le chant liturgique et les acteurs liturgiques

Le mystère du Christ célébré dans la liturgie est d’abord l’oeuvre de Dieu. Nous ne créons pas la liturgie, nous y entrons. La liturgie nous est donnée.

o L’acteur premier est le Christ en personne.

o La célébration liturgique est aussi l’oeuvre de son Corps qui est l’Eglise.

o L’assemblée réunie est le sujet de l’action liturgique, sous la présidence du prêtre.

 

§ Le chant liturgique et l’assemblée

« L’action liturgique présente une forme plus noble lorsqu’elle est accomplie avec le chant …

et que le peuple y participe activement. » SC 113.

« Pour promouvoir la participation active, on favorisera les acclamations du peuple,

les réponses, le chant des psaumes, les antiennes, les cantiques… » SC30

o L’assemblée a besoin de la participation de tous ses membres mais tous ne font pas tout.

« ...chacun, ministre ou fidèle, en s ‘acquittant de sa fonction, fera seulement et totalement

ce qui lui revient en vertu de la nature de la chose et des normes liturgiques » SC 28

Même peu nombreuse, l’assemblée a besoin de s’exprimer par le chant. Une personne, un petit groupe, une chorale peuvent l’entraîner.

o L’assemblée se laisse guider dans le déroulement de l’action liturgique par le prêtre. Elle sera attentive à l’animateur qui cherche à réaliser l’union des voix par le chant.

o Chorale et assemblée : la chorale est au coeur de l’assemblée. Elle chante avec et pour l’assemblée : elle est à son service.

o Introduire un nouveau chant : en fonction de chaque assemblée, choisir le moment le mieux adapté pour apprendre un chant nouveau ( profiter des temps liturgiques : Avent, Carême.. ). Si c’est avant la messe, laisser un ‘sas’ entre la répétition et la célébration elle-même.

§ Le chant liturgique et le chantre - animateur

Le premier animateur de l’assemblée c’est l’Esprit Saint !

o Le chantre – animateur est un membre de l’assemblée. Son attitude doit être celle de ceux qui vivent intensément la liturgie. Il se met au service de l’assemblée et au service de la liturgie, « pour guider et soutenir le chant du peuple », car c’est la prière de l’assemblée qui importe.

o Il est soucieux d’orienter l’assemblée vers celui qui la rassemble, le Christ.

o Il assure son service avec discrétion, sobriété et simplicité. Il sera comme un vitrail, à la fois 'coloré’ et ‘transparent’ !

o Il aide à suivre et à bien vivre les différents moments de la célébration : d’où le souci d’acquérir une certaine compétence pour le bénéfice de tous. Il aidera à exprimer les grandes attitudes de la foi prévues par les rites : la louange, la supplication, la méditation…

o Sa place et son rôle dépendent de l’espace de la célébration, de la taille de l’assemblée, de la présence d’un organiste ou non.

o Une attitude à développer, l’ÉCOUTE.

Il est à l’écoute de sa voix ( du bon usage du micro)

Il est à l’écoute de l’assemblée. Il ne doit pas la couvrir de sa voix, tout chanter, surtout

lorsque le chant est connu. Il s’éloignera du micro au moment des refrains.

Il est à l’écoute de la musique (introduction instrumentale pour garder tempo et justesse)

Il est à l’écoute du silence. (le silence est indispensable à la résonance des mots) L’animateur fera silence avant d’entrer en action. « On observera en son temps un silence sacré. » SC30, un vrai silence, un silence habité.

La liturgie ne conçoit pas l’action d’écouter sans l’action de répondre. Je ne puis répondre que si j’ai écouté l’autre. La réponse liturgique est une adhésion à la fois personnelle et en Eglise. (dialogue avec le célébrant : un ‘Amen’ ou ’Cela est juste et bon’)

 

 AVANT LA CÉLÉBRATION

o Le chantre- animateur se prépare au plan spirituel et technique :

en lisant les textes du jour ( lors de la rencontre de l’ équipe liturgique)

en convenant avec le célébrant de ce qu’il aura à entonner ou de telle particularité de la

célébration.

en apprenant les mélodies nouvelles (du psaume, d’un chant nouveau ou récent )

en préparant ses interventions : que les chants choisis soient ‘chantables’ tant dans

l’ambitus ( étendue des notes qu’il faudra atteindre de la plus basse à la plus haute) que dans la mise en oeuvre, en fonction de l’assemblée présente.

en ayant classé ses partitions, en pensant à sa présence discrète, …

en complicité avec l’organiste

 

PENDANT LA CÉLÉBRATION

o Il invite l’assemblée à chanter lorsque le chant lui revient. Il chante avec elle tout en veillant à ne pas dominer. S’il chante les couplets en soliste, il cherche à ‘vivre’ ce qu’il chante. Lorsqu’il n’y a pas d’organiste, sa voix joue un rôle important. L’assemblée a plus besoin d’une bonne voix que d’une gestique d’animation.

o Son attitude : sera-t-il toujours tourné vers l’assemblée ? Non. Il aidera l’assemblée à entrer dans l’action liturgique en se tournant soit vers la croix au moment du rite pénitentiel, soit vers l’autel pendant le chant de la fraction du Pain ( Agneau de Dieu).

o Est –il nécessaire qu’il se déplace au pupitre pour TOUS les chants ? Il s’efface quand sa présence n’est pas nécessaire, surtout si les airs sont connus et le ton donné par l’organiste (pour le Sanctus, l’anamnèse, le Notre Père).

o Sa gestique : le chantre -animateur peut se contenter de donner le départ des chants. S’il est plus à l’aise, il pourra suivre la mélodie avec la main dans le bon tempo (pour un chant récent ou peu connu). Son geste sera sobre et précis. Ne pas chercher à diriger l’assemblée comme si c’était une chorale.

o Il respecte le caractère de chaque élément du rite de la célébration ( un ‘Kyrie’ ne sera pas chanté comme une acclamation, un ‘Sanctus’ comme un ‘Agnus Dei’).

o Le psaume : le chantre doit-il joué le rôle du psalmiste ? Dans le meilleur des cas, il est bien que cela soit une autre personne. L’un comme l’autre ira à l’ambon, lieu de la Parole où se trouve le lectionnaire. Le psaume est Parole de Dieu.

o Pour aller plus loin :

Annoncer le chant : l’animateur pourra lire une partie du refrain plutôt que le titre seul,

puis, après une courte pause, il donnera la page et les couplets (2 fois si nécessaire). Pour le Sanctus et l’anamnèse, en fonction du texte, il profitera du début de la quête pour indiquer les pages de ces chants.

Eviter les paroles ‘superflues’ pour garder à la célébration son caractère priant (« prenez vos livrets… » ; « maintenant, nous nous mettons debout » : un geste suffit)

Penser à doubler le refrain quand il n’est pas connu sans le faire systématiquement.

 

APRÈS LA CÉLÉBRATION

o Se pose le problème d’une relecture régulière des célébrations qui pourra être faite en équipe.

-> Il est important que le chantre- animateur entre dans l’intelligence de la liturgie, qu’il la connaisse bien, qu’il se forme en Eglise. (cf. les formations proposées par les Services, diocésain ou national, de PLS)

 

§ Le chant liturgique et les équipes liturgiques

o L’équipe liturgique qui a partagé et médité la Parole a aussi une responsabilité par rapport au chant : son choix, ses couplets, la manière de le présenter, etc.

o Quand l’animateur ou la chorale participe, par l’un de ses membres, au travail de l’équipe liturgique, le chant est mieux articulé aux autres éléments.

o Les Revues et outils : Signes, Voix Nouvelles, les Fiches Dominicales, les Chants Notés de l’Assemblée, Célébrer (la revue liturgique) etc. Ces documents offrent un choix de propositions en lien avec l’Eglise.

§ Le chant liturgique et l’organiste

o La première tâche de l’organiste dans la liturgie est d’accompagner le chant : cela suppose une bonne connaissance de la liturgie. L’organiste exerce un ministère. On n’accompagne par un Alleluia comme un Agnus, un chantre- animateur comme une chorale. Accompagner ne s’improvise pas.

o En plus de l’accompagnement du chant, il y a tout ce qui entoure le chant (prélude, postlude). Il s’agit de sentir ce qui convient le mieux, ce qui sonne juste.

o Les pièces musicales. La musique est elle-même au service de la liturgie. Elle est toujours fonctionnelle ( différent de l’organiste concertiste.

o Ménager des respirations

o Pour aller plus loin :

L’équipe liturgique ou le chantre- animateur aura soin de donner suffisamment à l’avance le programme des chants à l’organiste quand il y en a un.

Bien convenir avec lui de tous les détails (versets du psaume chantés ou dits avec ou sans fond d’orgue, transposition lorsque le chant semble trop haut pour l’assemblée, reprise de tel ou tel refrain, …)

Avant et pendant la célébration, le chantre-animateur sera attentif à prendre le ton, le

mouvement, le rythme (tempo) donnés par l’organiste… et de les garder !

§ Le chant liturgique et les enfants

Les enfants sont invités à participer aux célébrations. Il semble important qu’ils s’approprient les chants de la communauté. Ce sont souvent les adultes qui projettent sur eux leurs propres appréciations : ‘ceci plaît ou ne plaît pas aux enfants’. Les enfants sont réceptifs de ce qui sonne juste.

A nous, adultes, de les intégrer dans nos célébrations en leur confiant les couplets d’un cantique ou le chant du psaume ou la possibilité de jouer d’un instrument (orgue, guitare, flûte…)

* * * * * * * *

Le chant favorise autant la communion avec Dieu que la communion fraternelle.

St Augustin dit justement : ‘Chanter est le fait de celui qui aime’ et ‘il prie deux fois celui qui chante bien’ !

Au-delà de nos sensibilités, de nos difficultés parfois, nous serons des témoins de la Joie du Christ Ressuscité en accomplissant du mieux possible ce beau service de la liturgie par le chant et la musique. Cherchons toujours à bien habiter cette liturgie qui nous est donnée.

 

« Le chant est le signe de l’allégresse du coeur. » Ac2,26

 

Publié dans CELEBRER

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P. Jean Eudes 18/12/2010 20:35


Bonsoir, merci pour votre remarque. En fait, il faut vous rendre sur la partie droite du blog, dans l'intitulé "Infos générales sur le doyenné", vous trouverez la rubrique "Horaire des messes".
Sinon, vous pouvez vous rendre sur le site "Messe Infos", dont le site est indiqué sous l'intitulé "Liens recommandés". Mais je vais essayer de rendre encore plus facile l'accès aux horaires de
messe.


romuald de Haut de Sigy 18/12/2010 19:23


je cherche les horaires de messe a Noyal Muzillac en temps normaux mais je peine a le trouver sur internet ou sur le blog. Juste un petit detail logique simple