HOMELIE 16e DIMANCHE TO A BILLIERS PENERF DAMGAN 2014

Publié le par Secteur pastoral de Muzillac

 

Le problème que nous posent les lectures de ce jour est très intéressant, il est celui du mélange de bon grain et de mauvaise graine qu’il y a en chacun d’entre nous. Comment faire pour laisser se développer ce qu’il y a de bon en chacun et diminuer ce qu’il y a de mauvais en chacun ? Baden Powell (fondateur du scoutisme) disait qu’en chaque être humain il y a au moins cinq pour cent de bon. Et ce qui est bon en l’homme a plus de profondeur que ce qui est mauvais en lui (Paul Ricoeur). Or ceux qui connaissent le scoutisme savent qu’il s’agit d’une éducation exigeante et non pas laxiste. Tout comme dans la religion chrétienne, tout comme dans toute bonne éducation ou initiation. Accueillir l’autre ne signifie pas qu’on ne va pas s’en occuper ou qu’on va le laisser faire n’importe quoi. La mère de famille, ou la Mère-Eglise, s’inquiètent pour chacun de leurs enfants. Il ne suffit pas d’accueillir, il faut bien accueillir. Il ne suffit pas d’aimer ou de chanter, il faut bien aimer ou bien chanter. Comme il y a une juste régulation des naissances dans une famille, comme il y a une nécessaire régulation des migrations dans chaque pays, il y a une légitime régulation des sacrements dans l’Eglise. Le Christ n’a pas passé sa vie à baptiser ou à donner les sacrements, il a passé sa vie à rencontrer les gens, à semer la bonne Parole, à réconforter, à poser des signes de salut, à réconcilier… Comme le dit le pape François dans son exhortation on ne peut donner les sacrements sans évangéliser (EG 63). Ne réduisons donc pas l’évangélisation aux sacrements qui sont pourtant sources de l’évangélisation, mais préoccupons nous d’abord de préparer aux sacrements à la manière du Christ et de faire vivre l’après sacrement à la manière des apôtres. Ne faisons pas des sacrements des actes magiques. Le Seigneur nous demande notre participation active et consciente à son entreprise de miséricorde. Ne vivons pas en chrétiens seulement quand nous communions à l’église, mais préparons nous à communier en vérité pendant la semaine qui précède et à vivre de la communion dans les jours qui suivent.

Le Christ nous demande en somme de prendre notre temps, de patienter, d’être tolérant, de ne pas juger, de nous réconcilier, de vivre dans la joie et l’humour, y compris et d’abord avec nous-mêmes. Notre pire ennemi, ce n’est  pas en effet l’autre, c’est moi-même, moi qui suis fait d’un mélange de bons grains et d’ivraie. Il y a beaucoup à travailler en chacun de nous pour que nous devenions des saints. Voilà notre vocation commune : la sainteté, comme nous l’a si bien rappelé Vatican II. Mais cela suppose non pas du volontarisme ou une montagne de sacrifices, cela nécessite de laisser simplement et humblement le St Esprit agir en chacun d’entre nous.  AMEN

P. Jean Eudes

Publié dans HOMELIES ANNEE A

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