Homélie 17ème TO

Publié le par Secteur pastoral de Muzillac

Le Seigneur Jésus rassasie une foule qui l’avait suivi. Il lui offre une nourriture sous deux formes : sa Parole et des aliments. Le Seigneur nourrit le peuple pour satisfaire sa faim spirituelle et sa faim biologique. Car tout homme est fait d’un corps d’une âme et d’un esprit.

 

 

Il n’y a pas que le pain pour satisfaire notre faim, souvenons-nous de cette parole de Jésus qui répond au Diable : « Ce n’est pas seulement de pain que l’homme vivra, mais de toute parole sortant de la bouche de Dieu.[1] »  

 

Nous sommes humains et il est vrai que nous recherchons souvent à satisfaire des besoins immédiats, matériels, surtout en ces temps de consommation à outrance. Nous souhaitons le visible, le palpable, Jésus peut nous le donner s’il le juge bon pour nous, et il le fait quand nous lui demandons avec foi. C’est-à-dire quand nous lui disons par avance merci, sûrs qu’il nous donnera ce dont nous avons besoin. D’ailleurs regardons dans le texte de l’Evangile, Jésus rend d’abord grâce au Père puis le miracle se réalise. Il dit merci avant que le miracle ne se réalise.

 

 

L’Evangile nous montre qu’Il est attentif, l’expression  « il a pitié des foules » est utilisée plusieurs fois dans les Evangiles, c’est comme cela que l’expression est traduite dans la Bible mais avec une traduction plus littérale nous obtenons : « Il (Jésus) fut ému aux entrailles[2] » cela le remue donc profondément de voir ces foules qui cherchent quelque chose auprès de Lui, même peut-être sans savoir quoi. Jésus est le Seigneur, le bon berger qui est la réponse à nos problèmes, la cause de notre joie, le centre de notre vie.

 

 

Malheureusement, la tentation est grande de ne voir en lui qu’un magicien que nous appellerions en cas de problème. La foule qui avait suivi Jésus pour les signes visibles de guérison sur les malades, veut faire de lui leur roi après la multiplication des pains, ce qui le rabaisse à leur vision matérielle. Remarquez la possessivité : son roi, à moi.

 

 

Or Jésus est bien le Roi des rois et Seigneur des seigneurs[3] mais sa seigneurie et sa royauté n’ont rien n’à voir avec celle que nous connaissons. Elles sont d’une puissance visible et invisible que nous ne pouvons imaginer car nous sommes des créatures. Nous pouvons en appréhender une partie dans l’amour qu’il donne totalement à chacun de nous, dans ce que nous voyons et pouvons comprendre, mais c’est toujours bien en-deçà de ce qu’il est. Regardons un instant le mystère de la croix où se manifeste son amour pour moi, pour toi…

 

 

Alors, au-delà de ce que nous voulons, recherchons le Seigneur pour ce qu’il est. Il est Le Seigneur trois fois saint qui nous aime, qui attend notre réponse, qui mendie notre amour alors qu’il n’a pas besoin de nous car nous ne sommes que péchés et misère. Et pourtant il veut nous nourrir de sa Parole et de son Corps dans l’eucharistie. Recevons simplement ces dons que nous ne pouvons comprendre, accueillons-les au sein de notre cœur. Beaucoup parmi vous vivent intensément ces dons parce qu’ils les accueillent et j’encourage ces personnes à témoigner. Car ils sont des preuves concrètes que ces nourritures fortifient notre corps, notre âme et notre esprit pour le quotidien de notre vie. Pour agir nous avons besoin de force. Alors au lieu de devenir des êtres faméliques, épuisés et sans force, allons nous revigorer souvent auprès de notre berger, notre Seigneur Père, Fils, St Esprit qui se donne à nous en nourriture abondante simplement parce qu’Il nous aime, d’un amour pur et gratuit.

 

P. Sébastien



[1] Mt 4,4

[2] Mt 9,36

[3] Ap 19,16

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