HOMELIE 2 DIMANCHE CAREME C PENERF DAMGAN 2013

Publié le par Secteur pastoral de Muzillac

mont thabor

Ci-dessus, le Mont Thabor, en Israël

Sur notre chemin de carême, nous voici à la 3e étape. En recevant les cendres nous avons pris conscience de notre fragilité et de la nécessité de notre conversion. Dimanche dernier, nous sommes entrés en résistance en J Xt face aux trois tentations du matérialisme, du spiritualisme et de la facilité. Aujourd’hui, nous sommes invités par le mystère de la liturgie à monter avec le Christ et trois apôtres sur une montagne : le mont Thabor.

Selon St Luc, Jésus avait précédemment annoncé à ses disciples l’épreuve de la crucifixion et le mystère de la résurrection. Donc huit jours plus tard, Jésus conduit ses disciples Pierre, Jacques et Jean sur la montagne, il veut aller prier avec eux. Luc est le seul des évangélistes à mentionner cette prière du Christ, lors de la Transfiguration; les trois disciplesdécouvrent que pour Jésus, la prière est une rencontre transfigurante, un privilège auquel il faut être initié par Jésus lui-même,  par son Esprit et même par le Père ! « A Pierre Jacques et Jean, il est donné de connaître les mystères du Royaume de Dieu ». C'est particulièrement vrai, ici, pour les trois. Notons au passage que ces trois mêmes disciples seront encore les trois mêmes qui seront témoins de la dernière grande prière à Gethsémani.

C'est donc au moment de prière sur la montagne que Dieu choisit pour révéler à ces trois privilégiés une part de son mystère. C'est Dieu le Père lui-même qui apporte la réponse et nous donne à contempler le mystère du Christ : «Celui-ci est mon Fils, celui que j'ai choisi, écoutez-le».

Evidemment, cette montagne nous fait penser au Sinaï ; et d'ailleurs Luc a choisi son vocabulaire de façon à évoquer le contexte de la révélation de Dieu au Sinaï : la montagne, la nuée, la gloire, la voix qui retentit, les tentes... Nous sommes moins étonnés, du coup, de la présence de Moïse et Elie aux côtés de Jésus. Quand on sait que Moïse a passé quarante jours sur le Sinaï en présence de Dieu et qu'il en est redescendu le visage tellement rayonnant que tous furent étonnés : « Quand Moïse descendit de la montagne, il ne savait pas que la peau de son visage était devenue rayonnante en parlant avec lui (le Seigneur). Aaron et tous les fils d'Israël virent Moïse : la peau de son visage rayonnait. » (Ex 34, 29-30).

Quant au prophète Elie, lui aussi « marcha quarante jours et quarante nuits jusqu'à la montagne de Dieu, l'Horeb –cad le Sinaï-... La parole du SEIGNEUR lui fut adressée : Sors et tiens-toi sur la montagne, devant le SEIGNEUR ; voici, le SEIGNEUR va passer... Il y eut alors un vent puissant, un tremblement de terre, un feu, mais le SEIGNEUR n'était ni dans le vent puissant, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu... Il y eut alors le bruissement d'une brise légère. Alors en l'entendant, Elie se voila le visage avec son manteau, et la voix du SEIGNEUR s'adressa à lui. » (1 R 19, 8... 14).

Dans la nuée lumineuse de la Transfiguration, la voix du Père supplie « Ecoutez-le ». Ces deux mots, « Shema Israël », pour des oreilles juives, c'était tout un programme. « Ecoute Israël », c'est la profession de foi quotidienne : le rappel du Dieu Unique à qui Israël doit sa libération ; libération d'Egypte, d'abord, c'est vrai ; mais celle-ci n'est que le prélude de la longue entreprise de libération amorcée par Dieu avec Abraham, poursuivie avec Moïse, pleinement accomplie en Jésus, pour tous ceux qui l'écouteront, justement. Le « Shema Israël » n'est pas un ordre donné par un maître exigeant ou dominateur... mais une supplication ... « Ecoutez-le », c'est-à-dire faites-lui confiance.


Pierre, émerveillé du visage transfiguré de Jésus, parle de s'installer : « Maître, il est heureux que nous soyons ici ; dressons trois tentes... » Mais Luc dit bien que « Pierre ne savait pas ce qu'il disait. » Il n'est pas question de s'installer à l'écart du monde et de ses problèmes : le temps presse ; Pierre, Jacques et Jean, ces trois privilégiés, doivent se hâter de rejoindre les autres. Car le projet de Dieu ne se limite pas à quelques privilégiés : au dernier jour, c'est l'humanité tout entière qui sera transfigurée ; comme dit Saint Paul dans la lettre aux Philippiens (notre deuxième lecture) « nous sommes citoyens des cieux. »

C’est donc toute notre vie, toute notre Eglise, nos rapports les uns avec les autres, notre monde, qui sont appelés à la transfiguration, en urgence ! Il nous faut travailler, avec la grâce aimante de Dieu, à cette transfiguration.

Publié dans HOMELIES ANNEE C

Commenter cet article