HOMELIE 20e DIMANCHE TO B à Ambon (Brouel) et Muzillac

Publié le par Secteur pastoral de Muzillac

 

Pour les vacanciers, le chemin du retour s’approche. La liturgie de la Parole de ce jour nous propose elle aussi au moins trois chemins à emprunter cette semaine : 1) celui de l’intelligence ; 2) celui de l’action de grâce ; 3) celui de la communion eucharistique.

 

1)   Commençons par le chemin de l’intelligence. La 1ère lecture nous y exhorte : «  Quittez votre folie et vous vivrez, suivez le chemin de l'intelligence ». La bible présente en effet la vie du peuple de Dieu comme un choix entre deux chemins, celui de la folie ou celui de la sagesse. La folie est de ne compter que sur ses propres forces, sa fragilité. La sagesse est d’admettre humblement que la vie dépend de Dieu. Il faut accepter de comprendre que seul Dieu peut nous donner la connaissance du vrai bonheur. Alors, nous suivons autant que possible la Loi de Dieu, cad nous nous mettons à l’écoute de la Parole de Dieu pour éclairer notre conscience au jour le jour. Et qui mieux que Jésus peut le mieux nous enseigner la Sagesse ? Marcher vers le Seigneur est la vraie sagesse ; c'est folie d'aller en sens inverse et de tourner ainsi le dos à la lumière et à la vie.

 

2)   Empruntons aussi le chemin de l’action de grâce. C’est la deuxième lecture qui nous exhorte à suivre ce chemin : « A tout moment et pour toutes choses, rendez grâce à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus Christ ». Rendre grâce, cela signifie remercier Dieu pour toutes les grâces offertes, pour tous les cadeaux de la vie qui sont des dons de Dieu. « A tout moment », dit bien St Paul ici : cela veut dire que notre prière et notre action de grâces doivent normalement irradier toute notre vie et pas seulement l'heure de la Messe ! Et si toute notre vie est prière et action de grâces, alors l'heure de la Messe constitue non pas le lieu unique mais bien le sommet de notre prière et de notre action de grâces. Comme l’affirme clairement le concile Vatican II, « la liturgie est source et sommet de notre vie chrétienne ».

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3)   Enfin se présente le chemin de la communion. Tout comme un homme au ventre trop peu nourri peut mourir de faim, notre cœur tenu loin du Seigneur finit par mourir d'épuisement spirituel.. Jésus l’affirme de la communion à son propre Corps : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. » Il faut dire que le sujet est particulièrement difficile à expliquer. Resituons les choses : nous sommes toujours dans la synagogue de Capharnaüm, au moment où Jésus a prononcé son grand discours sur le pain de vie : dans son évangile, Jean ne rapporte pas l'institution de l'Eucharistie dans le Cénacle à Jérusalem, le soir du Jeudi Saint. Mais il apparaît que l'évangéliste relit le discours de Capharnaüm comme une grande catéchèse de Jésus sur l'Eucharistie. Or, dans le sens biblique et eucharistique, le sang désigne la vie et la chair -ici celle du Christ- désigne sa personne entière. C’est donc bien le Ressuscité qui est en effet présent dans son Corps et son Sang ! D'où la notion de "présence réelle" du Christ dans l'Eucharistie. En avons-nous bien conscience ? En tout cas, aujourd’hui, pour marquer notre foi en la présence du Christ, n’hésitons pas à le signifier dans notre corps (agenouillement, inclination, ouverture des bras…). En même temps que la personne, la chair du Christ, - notamment dévoilée sur le bois de la croix, puis dans la résurrection et aujourd’hui dans l’Eucharistie -, désigne en même temps la fragilité de sa condition humaine. Le Christ étreint en effet dans sa propre vie l’humanité en son réalisme, sa pauvreté et sa fragilité. Il étreint notre humanité dans son propre Corps qui est précisément l’Eglise. Car la chair du Christ vient saisir et unifier la chair de l’Eglise par le mystère de la communion eucharistique et de l’Esprit Saint. Par cette communion, l’Eglise devient une guérison du corps de l’humanité blessée...  Quoi de plus beau ? Comment ne pas désirer ardemment emprunter le chemin magnifique de la communion, non pas une fois en passant, mais chaque jour si cela était possible (Donne-nous notre Pain de ce jour), en tout cas le dimanche ! C’est pourquoi, en tant que pasteur, je me réjouis de voir les chrétiens se réunir dans les églises; mais aussi, lorsque je vois le peu d’empressement de nombreux baptisés pour communier, afin de provoquer une saine réaction et une réflexion, j’ose aujourd’hui, de plus en plus, poser franchement la question aux paroissiens qui me sont confiés : sur quel chemin nous trouvons-nous, sur le chemin de la sagesse ou sur le chemin de la folie ?

 

 

 

Chemin de l’intelligence, chemin de l’action de grâce et chemin de la communion forment en réalité un tout, c’est le même mystère de vie chrétienne qui se déploie de plusieurs manières. On pourrait d’ailleurs y voir trois moments essentiels de la messe (liturgie de la Parole pour le chemin de l’intelligence, liturgie eucharistique pour le chemin de l’AG et les rites de communion pour le chemin de la communion). Cette semaine, ayons à cœur de mieux emprunter ces chemins. Prions la messe avec toute notre existence et que notre vie quotidienne devienne la continuation de chaque messe !

 

P. Jean Eudes

 

Publié dans HOMELIES ANNEE B

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