HOMELIE 31e DIMANCHE TO C 2010

Publié le par Secteur pastoral de Muzillac

Ce texte de Zachée est connu, voir trop connu, on peut se dire qu’on attend plus rien de ce texte puisqu’on le connaît trop bien, mais connaître le déroulement du texte est différent de connaître ce que l’auteur veut nous dire. Si vous pensez que vous connaissez ce texte par cœur alors vous pourrez répondre à une question que je vous poserai un peu plus tard.ZACHEE.gif

La scène se passe à Jéricho et Jésus vient d’y entrer. Il s’est passé un épisode qui ne nous est pas raconté : en arrivant à Jéricho Jésus a guéri un aveugle qui se trouvait sur le chemin. Ce miracle se propage dans la ville et arrive jusqu’aux oreilles de Zachée. Zachée est le chef des publicains, il collecte de l’argent auprès des juifs pour Rome. Il n’est pas aimé par les juifs. Comme il est le chef des collecteurs il est encore moins aimé. Zachée veut voir Jésus, par curiosité, il va grimper sur un arbre pour apercevoir cet homme qui fait des miracles. Et à ce moment précis du récit le regard de Jésus porte sur Zachée. Jésus s’adresse à cet homme, il est venu pour lui car le fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. C’est bien Jésus qui est venu chercher Zachée, cette rencontre n’est pas un hasard, Jésus n’a pas levé la tête comme ça, il le cherchait et dans notre vie c’est le même mouvement, ce n’est pas nous qui cherchons Dieu mais c’est le Seigneur qui vient à notre rencontre. Dans la prière Dieu nous y attend, ce n’est pas nous qui nous nous élevons jusqu’à Lui mais c’est Lui qui s’abaisse jusqu’à nous.

Jésus est venu pour sauver mais encore faut-il savoir que l’on a besoin d’un sauveur. Il ne nous sauvera pas si nous ne le voulons pas, car le Seigneur suscite notre liberté personnelle. Zachée a pu être sauvé car il y avait quelque chose en lui qui était une ouverture pour Jésus, si Zachée n’avait pas eu cette ouverture, Jésus n’aurait pas pu faire quelque chose, non pas à cause d’une impuissance car Dieu peut tout, mais il stoppe son action devant notre liberté, l’homme est toujours libre d’accepter ou non la rencontre avec le Seigneur. En tout cas Zachée s’est ouvert et il s’est converti, et à quel moment du récit pouvons-nous le constater ? Kurion, Zachée confesse en Jésus qu’il est le Seigneur, le tout puissant et a foi en lui, sa foi devient active car il fait don aux pauvres de biens et est prêt à réparer ses torts. La conversion de Zachée est immédiate, en tout cas la profession de foi l’est, il utilise le mot Seigneur en parlant de Jésus, ce mot pour les juifs sert à parler de Yahvé. Mais nous le savons, il ne suffit pas de dire « Seigneur, Seigneur… » pour être chrétien. La conversion au Christ est un début mais c’est la conversion du cœur qui est le plus difficile, se laisser transformer par l’amour du Christ, s’abandonner pour faire la volonté de Dieu.

Jésus ferme ses yeux sur le péché de Zachée, Il ne l’ignore pas, Jésus voit en lui non pas le chef des publicains, il voit bien plus : une créature à aimer, un homme à qui il faut révéler que Dieu l’aime, Jésus ne le réduit pas à ses actes car il sait qu’il est bien plus grand que cela, contrairement aux personnes qui critiquent Jésus et enferment Zachée dans son état de pécheur. Jésus vient chercher ceux qui sont perdus pour les ramener « tu leur rappelles en quoi ils pèchent, pour qu’ils se détournent du mal et qu’ils puissent croire en toi, Seigneur. »

Jésus sait que le péché est ce qui enferme l’homme et c’est pour cela qu’il nous donne le sacrement de réconciliation. Pour recevoir ce sacrement il faut d’abord, comme Zachée savoir que l’on en a besoin, savoir que je suis pécheur, si je ne suis pas pécheur alors je n’en ai pas besoin. Et si je n’ai pas de péché alors je n’ai pas non plus besoin de sauveur, de quoi pourrait-il me sauver ?

Ce sacrement de réconciliation est à découvrir car c’est le sacrement de conversion. Nous allons fêter la toussaint (tous saints), un saint ce n’est pas quelqu’un de parfait, non, c’est une personne qui se sait pécheur et qui reconnaît qu’elle a besoin du Seigneur et de ses sacrements dans l’Eglise. J’ai dis aux enfants qui se préparent à la confirmation qu’ils sont des coffres, le Seigneur est le trésor, si le coffre est fermé le trésor ne peut y entrer mais si le coffre est ouvert alors le trésor brille dans le coffre. On ne devient pas saint par soi-même mais en laissant le Seigneur faire grandir cette germe de sainteté qui a été déposée à mon baptême.

 

Sébastien Brossard, diacre

Publié dans HOMELIES ANNEE C

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