HOMELIE 32 DIMANCHE TO C 2013 DAMGAN MUZILLAC

Publié le par Secteur pastoral de Muzillac

 

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Nous connaissons les 7 moines de Thibirine, mais il y a les les 7 frères qui meurent martyrs du temps du roi Antiochus Epiphane, au 2e siècle avant JC, et il y a les 7 frères qui sont mariés successivement à la même femme ! Le chiffre 7 désigne en tout cas une perfection, peut-être ici celle de la Fraternité que Dieu divinise au-delà de notre mort en son Fils Jésus, Lui qui est notre Frère par excellence.

 

Si l’au-delà reste assez mystérieux, Jésus soulève un coin du voile dans cet évangile. Sans pouvoir tout dire, je retiens ceci :

 

Jésus nous enseigne que les relations uniques tissées au long de notre vie ne disparaissent pas, mais elles seront sublimées par l’Amour infini de Dieu. Entre les défunts, il n’y aura plus de mariage, nous dit-il – car il ne faut pas considérer la résurrection de manière terrestre, biologique- mais subsistera en Dieu une relation très forte d’amitié entre les personnes ressuscitées. C’est cela la communion des saints, la parfaite fraternité en Dieu.

 

Rappelons-nous : Dieu qui est unique nous a créés à son image. Chacun nous sommes donc uniques. L'existence terrestre est pour l'homme ce temps qui lui permet d'être constitué et de se former comme un être unique, un esprit unique. Mais notre forme physique terrestre n'est qu'une première étape. Une autre forme nous sera donnée un jour, glorieuse, spirituelle, sans blessure ni vieillissement celle-là : une chair de gloire, selon l’expression biblique et eucharistique, à l’image du Christ, une chair ressuscitée qui nous permettra de vivre dans la lumière même de Dieu, dans son amour et en relation d’amour avec tous nos frères humains eux aussi ressuscités. Encore une fois, cette chair n'est pas à comprendre de manière terrestre ou biologique. Voilà non seulement l'enseignement de Jésus, fondée sur la croyance juive de la résurrection de la chair déjà présente chez les juifs persécutés par Antiochus, mais aussi le témoignage de Jésus, un témoignage donné par sa propre vie, par sa mort et par sa résurrection.
Alors, où sont-ils ceux qui nous ont déjà quittés, que sont-ils devenus ces êtres si chers qui nous manquent ? Eh bien ils sont vivants EN Dieu, nous assure Jésus ! Sauf la Vierge Marie, ils n'ont pas encore reçu le corps de gloire qui sera donné au terme de l'histoire des hommes, mais ce qu'ils avaient d'éternel en eux continue bien de vivre dans la proximité du Dieu d’Amour.

 

Les défunts peuvent-ils intervenir dans nos vies ? Maintenant qu'ils sont si près de Dieu, sans doute sont-ils complètement purifiés par l’amour de Dieu-c’est cela le purgatoire-, sans doute peuvent-ils alors participer au bien que Dieu nous veut, sans doute participent-ils à la prière du Christ, avec les saints et les anges, mais il n'y a pas à craindre d'eux qu'ils nous surveillent, nous tourmentent, viennent se mêler de nos affaires. La foi chrétienne nous interdit d’ailleurs de croire aux fantômes et de pratiquer toute forme de spiritisme ou autre divination ! Ils sont vivants, heureux et libres, et ils ne peuvent que nous vouloir nous aussi vivants, heureux et libres ! Ils sont les vivants de l'autre côté de la vie, et non plus des " acteurs " de ce côté où nous sommes encore. Mais parce que nous sommes capables de faire mémoire d'eux, éventuellement de leur parler car ils nous sont proches spécialement dans l’amour, la prière et la communion eucharistique, ils nous invitent à savoir vivre fraternellement avec eux, dès maintenant, dans cette éternité qui a pour nom l'Amour de Dieu.  Ainsi « Dieu n’est pas le concurrent de notre vie, mais bien le garant de notre grandeur» et de notre fraternité humaine et chrétienne. AMEN

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