HOMELIE 33 DIM TO A DAMGAN AMBON MUZILLAC 2011

Publié le par Secteur pastoral de Muzillac

A une époque où il y a un manque de respect pour les femmes, il n’est pas inutile de s’arrêter un instant sur la 1ère lecture qui fait un bel éloge des femmes.

La femme idéale, nous dit ce texte du Livre des Proverbes, c'est celle qui s'est laissé imprégner par la sagesse de Dieu, elle est un reflet de la sagesse de Dieu ; et donc elle a tout compris. La Vierge Marie elle-même, a expliqué en quelque sorte Jésus à ses disciples (Lc 11, 28) a été cette femme idéale dans la mesure où elle a écouté la Parole de Dieu et l’a mise en pratique.
Le livre des Proverbes n'est pas le seul à tenir ce genre de discours très positif sur la gent féminine ; on pourrait citer des quantités d'autres phrases de la Bible
qui font l'éloge des femmes, du moins de certaines. Il ne faut pas oublier que la Bible a, dès le début, une conception de la femme tout à fait originale et qui tranchait sur son environnement ; à Babylone, par exemple, qui était une ville concurrente et ennemie à Jérusalem, on pensait que la femme avait été créée après l'homme (sous-entendu l'homme aurait pu fort bien se passer de femme) ; au contraire, le poème de la création (le premier chapitre de la Genèse et premier des deux récits de la Création) qui a été rédigé par les prêtres justement pendant l'Exil à Babylone, affirme clairement : « Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, mâle et femelle il les créa » (Gn 1, 27). (C'est-à-dire dès le début).

- Voici quelques autres phrases de la Bible sur la femme : toujours dans le livre des Proverbes, par exemple : « Une femme de valeur est une couronne pour son mari. » (Pr 12) ; ou encore dans le livre de Ben Sirac : « Heureux celui qui vit avec une femme intelligente. » (Si 25, 8) ... « Femme bonne fait un mari heureux et double le nombre de ses jours. Femme vaillante fait la joie de son mari qui passera dans la paix toutes ses années. » (Si 26,1). Et enfin, toujours dans le livre de Ben Sirac : « Celui qui acquiert une femme a le commencement de la fortune, une aide semblable à lui et une colonne d'appui. Là où il n'y a pas de clôture, le domaine est au pillage, là où il n'y a pas de femme, l'homme erre en se lamentant » (Si 36, 29-30). Et que dire du Cantique des Cantiques !

Enfin, à une époque où nous pourrions manquer de confiance en Dieu ou dans les responsables de notre société ou de notre Eglise en grandes difficultés, prenons un temps pour mieux comprendre l’évangile de ce jour (ci-dessous, estampe de Rembrandt) :

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Le maître avait fait confiance au 3e serviteur tout comme au deux premiers ; et lui, en retour, il a eu peur de son maître ; tout se joue sur ce malentendu, la confiance d'un côté, la méfiance, de l'autre.

Dieu nous fait confiance ; il nous associe à ses affaires, à son Action, c'est-à-dire à son Royaume, chacun selon nos capacités.

C'est la seule chose qui nous est demandée, faire notre petit possible pour le Royaume et alors nous nous entendrons dire : « Rassure-toi, tu as fait ce que tu as pu ».

Cette confiance va loin : le maître attend que ses serviteurs prennent des initiatives, voire des risques même, pendant son absence.

Face à cette immense confiance du maître en ses serviteurs, il y a deux attitudes possibles : la première consiste à reconnaître la confiance qui est faite et s'employer à la mériter. C'est l'attitude des deux premiers : le même schéma se répète deux fois ; le maître confie, le serviteur en rendant ses comptes dit « tu m'as confié, voilà ce que j'ai fait » ; le maître félicite et dit « je t'en confierai encore » : on pourrait appeler cela « la spirale de la confiance».

Le troisième serviteur adopte l'attitude inverse : le maître confie, mais le serviteur ne voit pas que c'est de la confiance ; il ne l'interprète pas comme cela puisqu'il a peur de ce maître qu'il considère comme exigeant. Il croit avoir tout compris, il a mal jugé son patron et a décidé qu'il ne méritait pas d'être servi. Or la méfiance de ce troisième serviteur est d'autant plus injuste que le maître a bien pris soin de proportionner l'effort demandé à chacun « selon ses capacités ». Il rêvait même de pouvoir dire à chacun : « Entre dans la joie de ton maître ».

Reste une phrase très difficile dans ce texte : « Celui qui a recevra encore, et il sera dans l'abondance. Mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a». On en trouve une autre presque équivalente dans le livre des Proverbes : « Donne au sage, il deviendra plus sage, instruis le juste, il augmentera son acquis.» (Pr 9, 9). Prenons une comparaison : quand on a choisi la bonne direction, chaque minute, chaque pas nous rapproche du but ; mais quand on tourne le dos au but du voyage, chaque minute qui passe, chaque pas nous éloigne encore du but.

Au moment où Jésus s'apprête à affronter la mort et à confier l'Eglise à ses disciples, la leçon est claire : même si son retour se fait attendre, les disciples de tous les temps auront à gérer le trésor de la Parole de Dieu : il faudra savoir prendre des initiatives pour qu'elle porte des fruits. Comme il le dit dans l'évangile de Jean : « Je vous ai choisis et institués pour que vous alliez, que vous produisiez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jn 15, 16).

Et nous, sans vouloir toujours chercher des responsables, des boucs émissaires à tous nos malheurs…., dans nos vies de tous les jours, dans nos communautés chrétiennes et dans la mesure de nos petites possibilités, quel risque, quelle initiative  prenons-nous pour faire fructifier la Parole de Dieu, parole d’amour et de confiance ? Voila un vrai sujet de méditation pour cette semaine !

PS : Je n'écris rien de génial car, en ce moment, je m'inspire largement des excellents commentaires bibliques de Marie-Noëlle Thabut, sur le site de l'Eglise de France (cliquer ici). Merci à elle !

Publié dans HOMELIES ANNEE A

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