HOMELIE 7e DIMANCHE PAQUES A 2014 BILLIERS ARZAL

Publié le par Secteur pastoral de Muzillac

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Parfois, j’entends certains prétendre que les apôtres vivaient dans la peur entre l’Ascension et la Pentecôte. Non, après l’Ascension, les apôtres n’ont plus du tout peur. Ils savent que le Christ est monté au Ciel, mais qu’il reste présent avec ses disciples jusqu’à la fin du monde. Dans la prière, ils prient avec la Vierge Marie, avec quelques autres disciples dont des femmes.

Ils sont comme en retraite au milieu même de la ville de Jérusalem. Aujourd’hui, cela me fait penser aux communautés monastiques de Jérusalem que l’on trouve à l’église St Gervais à Paris, et au Mont St Michel. Ces moines sont en pleine ville, en plein cœur de l’activité humaine, mais ils savent prier au cœur de ces activités.  

Les apôtres attendent donc la venue de l’Esprit Saint, « l’Esprit de gloire », comme le dit saint Pierre, celui qui les réjouira.

Pourquoi l’Esprit Saint ne nous est-il pas montré comme étant déjà donné ? Ce qui est le cas dans l’évangile de St Jean, nous l’avons entendu le deuxième dimanche de Pâques quand Jésus dit à ses apôtres « recevez l’ES ». Ce qui est le cas dans la réalité de notre vie spirituelle : l’ES est déjà à l’œuvre en nous.  

Mais st Luc veut nous montrer l’importance de désirer recevoir l’ES, de replonger en sa présence, en son Amour. La prière élargit notre cœur, notre désir. C’est la même chose pendant le temps liturgique de l’Avent où nous attendons activement et paisiblement la venue de NSJC.

Avec les apôtres, nous voici donc comme en retraite, dans le sens où il est important de se mettre de temps en temps en retrait de nos multiples activités qui sont pourtant nécessaires, afin de prier d’un seul cœur.

Cela va à l’encontre de notre société matérialiste qui prône l’assouvissement immédiat des désirs, le tout, tout de suite. C’est le drame de ces personnes qui deviennent capricieuses pour un rien, car on ne sait plus leur dire « non, pas tout de suite ». Il s’ensuit aujourd’hui une confusion des rôles, un peu comme on le voit dans l’histoire de Babel. C’est le mauvais côté de mai 68 dont notre société reste largement marquée.

Dans l’évangile de ce jour, Jésus nous montre au contraire que nous ne sommes pas faits pour vivre asservis à la tyrannie du plaisir qui est finalement l’autre nom de l’égoïsme. Dans cette prière sacerdotale de Jésus qui a lieu lors de la dernière Cène, mais que nous pouvons transposer comme un dialogue d’amour toujours actuel du Fils assis près de son Père, nous y contemplons en effet l’amour filial de Jésus pour son Père. Sa filiation devient le modèle de la relation parfaite, celle qui donne place à l’altérité : le Fils n’est pas le Père et ne prend pas sa place. Jésus reconnaît que la vie procède d’abord du Père. « La vie éternelle c’est de connaître notre Père, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui qu’il a envoyé, Jésus-Christ ». Entre le Père et le Fils, il y a donc un immense Amour qui permet la communion et non la confusion. Cet Amour, nous savons qu’Il est l’Esprit Saint en personne.

L’Esprit Saint repose déjà en nous, surtout si nous avons reçu le sacrement de la Confirmation. Cet Esprit nous donne la force de supporter les souffrances inhérentes au témoignage, comme nous l’explique St Pierre dans la 2e lecture. En ce temps qui précède la Pentecôte, spécialement cette semaine, c’est le moment de l’invoquer encore plus, pour nous mais aussi pour tous nos frères les hommes qui souffrent, mais aussi pour les confirmands qui vont recevoir le sceau de l’Esprit dimanche prochain.

AMEN

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