Homélie de Mgr Raymond Centène du 7 décembre 2012

Publié le par Secteur pastoral de Muzillac

Homélie Mgr Centène   centene.jpg 
7 décembre 2012
Messe anticipée de l’Immaculée Conception
Cathédrale Saint-Pierre de Vannes
 
 
A l’issue de la nouvelle procession aux flambeaux
à la statue de Notre-Dame du Mené,
des remparts à la Cathédrale
 
 
"Anne, Anne, le Seigneur Dieu a entendu ta prière. Tu concevras, tu enfanteras
et l'on parlera de ta postérité dans la terre entière"
 
 
 
" Chers amis,
 
Réjouissons-nous ! Oui, avec sainte Anne et avec tous les anges, réjouissons-nous ce soir ! Rendons gloire à Dieu et remercions Le pour Marie !
Fille de Sion, Tige fleurie de Jesse, gloire de Jérusalem, joie d’Israël, Nouvelle
Ève, Toujours Vierge, Immaculée Conception !
 
Oui, ce soir, avec le Cantique des cantiques, redisons notre amour à Marie : « Tu es toute belle, mon amie, et il n'y a pas de tache en toi ".
 
Chers amis, c’est avant tout en vue de la maternité divine, en vue de l’Incarnation du Verbe de Dieu en son sein, que la Sainte Vierge fut « entièrement préservée, même de la tache du péché originel »
Il est bon de nous rappeler et de se redire ce soir que toutes les grâces dont Marie a bénéficié, tous ses privilèges, sont liés à la place suréminente qu’elle occupe dans l’Histoire du salut.

 

 
Toutes les grâces de Marie  - son immaculée conception, sa maternité virginale, sa virginité perpétuelle et même sa glorieuse assomption - mettent en évidence le fait que Jésus est le Fils de Dieu.
Toutes les grâces de Marie, tous ses privilèges, ne sont que l’écrin qui met en évidence la perle : Jésus est Dieu. Si bien que, honorer Marie, c’est toujours honorer Jésus.
Pour la promulgation du dogme de l’Immaculée Conception en 1854, le  bienheureux Pie IX écrivait :
« Comme le Fils unique  a dans le ciel un Père, que les séraphins proclament trois  fois saint, il convenait absolument qu'il eût sur la terre une Mère en qui l'éclat de sa sainteté n'eût jamais été flétri.»
 
L’homme pécheur balbutie devant un si grand miracle, il ne sait que dire :
-  Le péché originel , qui nous frappe tous, n’est-il pas transmis avec la nature  même que nous recevons de nos pères ?
-  Cette nature  n’est-elle pas déchue ?
-  Comment Marie  pouvait-elle être soustraite à une telle hérédité ?
       Le Concile Vatican II  nous éclaire sur ce mystère : Marie, dit-il, a été « rachetée  de façon éminente en considération des mérites de son Fils » et, « indemne de toute tache de péché, ayant été comme pétrie par l'Esprit saint, [elle a été] formée comme une nouvelle créature. »
-  Oui, le Christ  étant pleinement Dieu, toutes ses oeuvres humaines se déroulent  pour ainsi dire dans l’éternité de Dieu.
-  Leurs effets  s’étendent à tous les âges. Ainsi, la grâce du Salut obtenue par la  mort et la Résurrection du Christ peut parfaitement rejoindre cette créature nouvelle qu’est Marie.
 
Chers amis, cette fête de l’Immaculée Conception synthétise presque parfaitement tous les grands mystères de notre Foi.
-  La Trinité , Dieu d’Amour, y murmure déjà son nom.
-  Fille chérie  du Père depuis le commencement du monde, Marie est préservée par le Saint-Esprit de toute influence du péché originel, en vue de la venue du Verbe dans son corps.
-  Par une grâce insigne  de Dieu, elle reçoit encore plus que la purification et la filiation divine du baptême, bien plus que l’innocence et la justice originelles d’Adam et Eve :
-  son âme , dès sa création, est pleinement comblée de la grâce divine du Christ.
-  C’est le sens des paroles d’Elisabeth  qui la salue sous le titre de « Comblée de grâce », titre que nous reprenons à longueur de « Je vous salue Marie » :  « Pleine de grâce. »
-  Si Marie est pleine de grâce , il n’y a pas de place en elle pour autre chose : pas de place pour le péché, pas de place pour la plus petite imperfection.
-  Plus que toute autre créature , humaine ou angélique, elle est la créature la  plus proche du Sauveur, pour lui avoir donné la vie humaine.
Oui, la vie humaine. Telle est aussi la grande lumière, le grand enseignement de cette fête. Dieu lui-même nous montre l’immense noblesse de la vie humaine.
-  Il se plonge  au coeur du mystère de la vie pour le purifier des scories du péché.
-  En Marie , Dieu donne un coup d’arrêt radical  à cette monstruosité qu’est  l’homme séparé de Dieu, décapité, l’homme privé de sens, privé d’avenir.
-  En Marie , Dieu nous montre  ce que nous serons au dernier jour si nous accueillons sa propre vie.
- Oui, Dieu est Vie , Dieu est le créateur de la vie humaine.
- Il ne la méprise pas , bien au contraire. En Marie, par le Saint-Esprit, il se fait lui même le procréateur direct de l’humanité du Christ.
Samedi dernier, dans cette Cathédrale, autour de l’icône de la Vierge noire de Czestochowa, nous avons prié pour le respect de la vie humaine de sa conception jusqu’à sa mort naturelle.
Mère de l’auteur de la Vie, comblée de la vie de Dieu, Marie est notre meilleur  rempart contre les assauts des forces de mort et de destruction. Elle est aussi notre meilleur  rempart contre la culture de mort qui affecte notre société et la culture ambiante. C’est pour cela que nous sommes ici ce soir.
 
Après la légalisation de l’avortement, voilà que le Sénat vient de voter en catimini, dans la nuit du 4 décembre, un projet de loi autorisant les expériences scientifiques sur les embryons humains, qui seront dès lors traités comme des souris de laboratoire.
      L’on nous annonce pour demain  le « mariage  et l’adoption pour tous », au  mépris du bien commun de la société, de la famille naturelle et des enfants eux-mêmes.
      « Après-demain »  est déjà en préparation : l’euthanasie . Au nom d’une fausse compassion, on anticipera la mort de tous ceux qui, au fonds, nous gênent, parce qu’ils nous annoncent notre propre fragilité, notre propre finitude, parce qu’ils nous renvoient une image de nous-mêmes que nous ne voulons pas voir : les anciens, les malades incurables, les handicapés.
      Mais si les fumées noires  de Satan s’accumulent sur l’horizon, notre procession aux flambeaux de ce soir doit nous faire comprendre que Marie est vraiment l’étoile du matin, notre lumière dans la nuit du mensonge et du péché.
      Marie est notre espérance  : elle nous accompagne sur le chemin.
      La procession de ce soir  doit être l’aurore de notre réveil.
      Alors, sortons  de notre torpeur, levons-nous, mobilisons-nous, mettons-nous en marche.
      Ce soir , les paroisses de Vannes se sont unies sous le manteau de Marie, notre  Mère et notre Reine. Et nous sommes déjà (bien) nombreux.
      Dimanche 13 janvier , tous les hommes et les femmes de bonne volonté seront  unis à Paris pour défendre le mariage naturel
      Nous devrons être des millions , rangés en ordre de bataille, pour faire reculer le mensonge par le témoignage pacifique de la vérité.
      Votre évêque  y sera. Alors, je vous attends tous ! Oui, tous ! car chacun de  nous, ce jour-là, a rendez-vous avec l’Histoire.
      Rappelez-vous  de notre immense mobilisation pour l’école libre en 1984. Nous  étions déjà 2 millions. Aujourd’hui, l’enjeu est bien plus important encore parce qu’il ne s’agit plus de défendre seulement une liberté particulière mais de défendre notre vie, notre avenir, les fondements de notre civilisation, la justice à l’égard des plus faibles. Comment ne serions-nous pas le double ou le triple ?!
Il est donc grand temps  de vous inscrire auprès de l’organisation Famille Accueil- Morbihan
Vous trouverez un tract avec ses coordonnées aux sorties de la  Cathédrale.
Chers amis, prier Marie  pour défendre la Vie n’est pas une spécificité de notre temps. Epidémies, pestes, invasions, toujours Marie fut invoquée, priée et remerciée.
Toujours Marie répondit lorsqu’elle trouvait devant elle une foi pure et confiante.
Cette année, après 50 ans d’interruption, nous avons ressuscité ensemble une tradition vannetaise ancestrale, comme l’avait fait en son temps notre prédécesseur Mgr Le  Bellec.
      Le 1er décembre 1949, voilà comment il s’adressait à la ville de Vannes pour  raviver sa flamme: « L’Année Mariale  ne nous fournit-elle pas l’occasion providentielle de ressusciter à Vannes-même, un culte très ancien en notre cité et qui devrait renaître, celui de  Notre Dame du Mené ? Rares sont les villes  de quelque importance qui ne possèdent pas un sanctuaire à la gloire de la Vierge, et qui ne tiennent  pas à l’honneur de l’y prier sous un vocable spécial, traditionnel et populaire. […] En souvenir  de tout un long passé, pour conserver  aussi la mémoire d’une  vraie dévotion traditionnelle que nous n’avons pas le droit de laisser disparaître, pour essayer  enfin d’accroître la piété des habitants de Vannes envers la Vierge, Nous décidons que cette statue honorera la Mère de Jésus sous le vocable de Notre Dame du Mené. […] Je demande  à Notre Dame du Mené de vous bénir et de bénir toute la ville de Vannes. Qu’elle daigne  accepter d’en être la Reine, comme Sainte-Anne est la Reine du diocèse et la Reine de toute la Bretagne! »
Chers amis, l’église ND du Mené a définitivement disparu en 1998, mais sa statue, un temps retournée chez sa Mère à Sainte-Anne d’Auray, est de retour chez elle à Vannes en notre cathédrale depuis 2006. Très imposante, nous n’avons pas pu la porter en procession, mais je vous encourage tous vivement à venir la prier désormais dans la  chapelle latérale située à gauche de la nef.
 
   
Je vous invite  à venir la prier spécialement pour le respect de la vie.
      Déjà en 1949 , lors de la neuvaine préparatoire à l’Immaculée Conception, de  nombreuses prédications avaient été données sur ce thème à Saint Patern :
Marie, « Notre Dame du Foyer  », « Donneuse de Vie  », « Gardienne de Vie », et enfin « Semeuse de joie ».
      Rappelons-nous aussi que ND du Méné fut autrefois appelée ND de Charité, cet amour qui est l’autre nom de la Vie, le mystère même de la vie, le don trinitaire total et sans retour.
Que Notre-Dame du Mené nous bénisse tous, quelle bénisse notre ville et nous trouve l’an prochain encore plus unis, généreux et engagés dans la défense de la vie humaine et la diffusion de la vie de Dieu."
   
+ Mgr Raymond CENTENE
Evêque de Vannes
 
Famille Accueil Morbihan :
Courrier : 55, Rue Mgr Tréhiou - BP 12 - 56001 VANNES Cedex.
Accès voiture : par parking rue des Ursulines (GPS : « 13, rue des Ursulines, 56000 VANNES »)
Tél : 02 97 68 42 32 - Portable : 06 67 58 01 48
Mail :
fam.accueil56@wanadoo.fr

Publié dans HOMELIES ANNEE C

Commenter cet article