HOMELIE pour LA SOLENNITE DU SAINT SACREMENT du CORPS et du SANG du SEIGNEUR C BILLIERS et ARZAL 2010

Publié le par Secteur pastoral de Muzillac

Année du Sacerdoce

Homélie largement inspirée de l'homélie de Benoît XVI

prononcée le jeudi précédant à Rome

 

melchizedeck.jpgLes textes de ce jour nous présentent le Christ comme notre grand prêtre notamment par la figure de Melchisedeq. Le bref passage du Livre de la Genèse (cf. 14, 18-20) affirme que Melchisédech, roi de Salem, était « prêtre du Dieu Très Haut », et pour cette raison « apporta du pain et du vin » et « bénit Abraham », qui venait de vaincre une bataille ; Abraham lui-même lui donna le dixième de chaque chose. Voilà l’origine de la dîme et aujourd’hui de notre denier de l’Eglise. Le psaume, à son tour, contient dans la dernière strophe une expression solennelle, un serment de Dieu lui-même, qui déclare au Roi Messie : « Tu es prêtre à jamais selon l'ordre de Melchisédech » (Ps 110, 4) ; ainsi le Messie est proclamé non seulement Roi, mais également Prêtre.

La deuxième lecture et l'Evangile portent en revanche l'attention sur le mystère eucharistique. C'est de la Première Lettre aux Corinthiens (cf. 11, 23-26) qu'est tiré le passage fondamental où saint Paul rappelle à cette communauté la signification et la valeur de la « Cène du Seigneur », que l'apôtre avait transmises et enseignées, mais qui risquaient de se perdre. L'Evangile est, en revanche, le récit du miracle des pains et des poissons, rapporté par saint Luc : un signe attesté par tous les évangélistes et qui pré-annonce le don que le Christ fera de lui-même, pour donner la vie éternelle à l'humanité. Ces deux textes mettent en relief la prière du Christ, alors qu'il rompt le pain. La mission du Christ prêtre est justement de prier, d’intercéder efficacement pour le salut du monde, tout en le transformant par son amour.

La première chose qu'il est nécessaire de toujours se rappeler est que Jésus n'était pas un prêtre selon la tradition hébraïque. Sa famille n'était pas sacerdotale. Il n'appartenait pas à la descendance d'Aaron, à la tribu de Lévi,  mais à celle de Juda, et juridiquement la voie du sacerdoce lui était donc fermée. La personne et l'activité de Jésus de Nazareth ne se situent pas dans le sillage des prêtres antiques, mais davantage dans celui des prophètes. Et dans ce sillage, Jésus prit ses distances d'une conception purement rituelle de la religion, critiquant l'ordre qui accordait de la valeur aux préceptes humains liés à la pureté rituelle plutôt qu'à l'observance des commandements de Dieu, c'est-à-dire à l'amour pour Dieu et pour son prochain. Jésus n'est donc pas reconnu comme un Messie sacerdotal, mais prophétique et royal.

Jésus se montre prêtre non tellement en offrant des sacrifices rituels, mais en offrant sa propre vie en sacrifice d’amour. Jésus est devenu grand Prêtre pour avoir lui-même pris sur lui tout le péché du monde, comme « Agneau de Dieu» en sa propre personne. C'est le Père, nous explique la bible, qui lui confère ce sacerdoce, il le constitue Médiateur universel de salut au moment même où Jésus traverse le passage de sa mort et résurrection.

Dans l’Eucharistie de la dernière Cène, Jésus a anticipé son Sacrifice personnel. En rendant grâces et en bénissant, Jésus transforme le pain et le vin. C'est l'amour divin qui transforme : l'amour avec lequel Jésus accepte à l'avance de se donner entièrement pour nous. Cet amour n'est autre que l'Esprit Saint, l'Esprit du Père et du Fils, qui consacre le pain et le vin et transforme leur substance en Corps et en Sang du Seigneur ressuscité, rendant présent dans le sacrement le même Sacrifice existentiel de Jésus.

Nous pouvons donc conclure que le Christ est un prêtre véritable et agissant, car il est rempli de la force de l'Esprit Saint, il est comblé de toute la plénitude de l'amour de Dieu., C'est cette force divine, la même qui réalisa l'Incarnation du Verbe, qui transforme depuis ce jour-là et encore aujourd’hui la violence et l'injustice extrêmes en acte suprême d'amour et de justice.

Telle est l'œuvre du sacerdoce du Christ, que l'Eglise a hérité et prolongé dans l'histoire, sous la double forme du sacerdoce commun des baptisés et de celui ordonné des ministres, pour transformer le monde avec l'amour de Dieu.

Nous tous, fidèles et ministres du sacerdoce, nous nous nourrissons de la même Eucharistie, nous nous prosternons tous pour l'adorer, car dans celle-ci est présent notre Maître et Seigneur, est présent le véritable Corps de Jésus ressuscité, Victime et Prêtre, salut du monde. Alors, venons, exultons avec des chants de joie ! Venons, adorons Jésus vivant au milieu de nous !

Venons participer à l’Action de notre grand prêtre qui sauve notre monde de sa violence par son Amour, son total désaisissement ! Comme chrétiens, nous ne pouvons vivre sans le Seigneur, sans le dimanche, Jour qui lui est consacré. Cela est également vital, vous le savez bien, pour notre communauté que de nous rassembler chaque dimanche.

AMEN

 

 

Publié dans HOMELIES ANNEE C

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