Les gestes et les attitudes du corps pendant la messe

Publié le par Secteur pastoral de Muzillac

Parfois, on me pose la question des attitudes et gestes pendant la messe. Pour empêcher les interprétations de droite ou de gauche de régner en maitre, en tant que référent à la pastorale liturgique et sacramentelle du diocèse je renvoie toujours aux normes liturgiques actuelles. Seules ces normes ont l'autorité de l'Eglise catholique (voir Vatican II, Constitution sur la liturgie, n° 22, cliquer ici). Ensuite, l'évêque de notre diocèse et le curé de la paroisse peuvent apporter des précisions, toujours en harmonie avec ce que nous dit l'Eglise. Ensuite, chacun est bien sûr libre d'avoir son opinion et de faire ce que lui dicte sa conscience, dans un esprit d'amour, d'humilité, de bienveillance et de respect.

Voici donc un extrait que l'on trouve dans la Présentation générale du Missel Romain (PGMR), (cliquer ici). J'apporterai des précisions si cela est nécessaire :

 

" Les gestes et les attitudes du corps

42. Les gestes et les attitudes du corps, tant ceux du prêtre, du diacre ou des ministres, que ceux du peuple doivent viser à ce que toute la célébration manifeste une belle et noble simplicité, que soit perçue toute la vraie signification de ses diverses parties et que soit favorisée la participation de tous[52]. On devra donc être attentif aux normes de cette Présentation générale et à la pratique reçue du rite romain ainsi qu’au bien commun spirituel du peuple de Dieu, plutôt qu’à ses goûts personnels et à son propre jugement.

Les attitudes communes à observer par tous les participants sont un signe de l’unité des membres de la communauté chrétienne rassemblée dans la sainte Liturgie; en effet, elles expriment et développent l´esprit et la sensibilité des participants.

43. Les fidèles se tiendront debout depuis le début du chant d´entrée, ou quand le prêtre se rend à l´autel, jusqu´à la prière d´ouverture (collecte) inclusivement; au chant de l´Alléluia avant l´Évangile; pendant la proclamation de l´Évangile; pendant la profession de foi et la prière universelle; et depuis l’invitation Orate fratres (Prions ensemble) avant la prière sur les offrandes jusqu´à la fin de la messe, excepté ce que l´on va dire.

Ils seront assis pendant les lectures qui précèdent l´Évangile et le psaume responsorial; à l´homélie et pendant la préparation des dons pour l’offertoire; et, si on le juge bon, pendant qu´on observe un temps de silence sacré après la communion.

Ils s´agenouilleront pour la consécration, à moins que leur état de santé, l´exiguïté des lieux ou le grand nombre des participants ou d´autres justes raisons ne s´y opposent. Ceux qui ne s’agenouillent pas pour la consécration feront une inclination profonde pendant que le prêtre fait la génuflexion après la consécration.

Il appartient toutefois à la Conférence des évêques d´adapter les gestes et les attitudes décrits dans l’Ordinaire de la messe à la mentalité et aux justes traditions des peuples, selon la norme du droit[53]. On veillera cependant à ce qu´ils correspondent au sens et au caractère des différentes parties de la célébration. Là où il est de coutume que le peuple demeure à genoux depuis la fin du Sanctus jusqu’à la fin de la Prière eucharistique, et avant la communion quand le prêtre dit Ecce Agnus Dei (Voici l’Agneau de Dieu), il sera bon de conserver cette coutume.

Pour obtenir des attitudes et des gestes communs au cours d’une même célébration, les fidèles suivront les monitions du diacre, ou d’un autre ministre laïc, ou du prêtre, selon les indications du Missel.

44. Parmi les gestes, on compte aussi les actions et les processions quand le prêtre, avec le diacre et les ministres, se rend à l´autel ; quand le diacre porte à l’ambon l’Evangéliaire ou le Livre des évangiles avant la proclamation de l’Evangile ; quand les fidèles apportent les dons et s´approchent pour la communion. Il convient que ces actions et processions se déroulent avec beauté, tandis qu´on exécute les chants appropriés, selon les normes fixées pour chacune".

Précisions :

1 - Sur la manière de recevoir la communion, selon la PGMR :

" 160. Le prêtre prend alors la patène ou le ciboire, et s´approche des communiants qui ordinairement s’avancent en procession.

Il n’est pas permis aux fidèles de prendre eux-mêmes le pain consacré ou le calice, encore moins de se le transmettre de main en main. Les fidèles communient à genoux ou debout, selon ce qu’aura établi la Conférence des évêques. Quand ils communient debout, il leur est recommandé, avant de recevoir le Sacrement, de faire un geste de vénération approprié, que la Conférence des évêques aura établi ".

[ Attention, une recommandation n'est pas une obligation ].

2 - Le rite de la paix, selon la PGMR :

" 82. Vient ensuite le rite de la paix : l’Eglise implore la paix et l´unité pour elle-même et toute la famille humaine, et les fidèles expriment leur communion dans l’Eglise ainsi que leur amour mutuel avant de communier au sacrement.

En ce qui concerne le signe de la paix à transmettre, la façon de faire sera décidée par les Conférences des évêques, selon la mentalité et les us et coutumes de chaque peuple. Il convient cependant que chacun souhaite la paix de manière sobre et uniquement à ceux qui l’entourent ".

[ Comme curé, j'encourage parfois les enfants à donner la paix dans l'assemblée ].

3. La préparation des dons, selon la PGMR :

" 73. Au commencement de la liturgie eucharistique, on apporte à l´autel les dons qui deviendront le Corps et le Sang du Christ.

D´abord on prépare l´autel, ou table du Seigneur, qui est le centre de toute la liturgie eucharistique [70], en y plaçant le corporal, le purificatoire, le missel et le calice, à moins que celui-ci ne soit préparé à la crédence.

Puis on apporte les offrandes: faire présenter le pain et le vin par les fidèles est un usage à recommander; le prêtre ou le diacre reçoit ces offrandes à un endroit favorable, pour les déposer sur l´autel. Même si les fidèles n´apportent plus, comme autrefois, du pain et du vin de chez eux, ce rite de l´apport des dons garde sa valeur et sa signification spirituelle.

De l´argent, ou d´autres dons au profit des pauvres ou de l´Église, peuvent être apportés par les fidèles ou recueillis dans l´église; on les dépose à un endroit approprié, hors de la table eucharistique ".

4. L'autel ou le tabernacle ?

Puisque l'autel est "le centre de toute la liturgie eucharistique", on s'incline profondément devant lui et, pendant la messe -sauf lorsqu'on se rend au tabernacle - on ne tient pas compte de la sainte réserve (le tabernacle). Autrement dit, pendant la messe on ne fait jamais la génuflexion devant l'autel, sauf quand le St Sacrement s'y trouve. Ou alors, il faudrait que le tabernacle soit scellé à l'autel, ce qui est rare aujourd'hui.

5. Inclination ou génuflexion du célébrant à l'arrivée et à la fin de la messe devant l'autel?

Selon la dernière PGMR, il découle des textes que le célébrant doit faire la génuflexion devant l'autel si la sainte réserve se situe dans le choeur, avant et après la messe. Autrement dit, si la messe commence par un chant d'entrée avec une procession - puisque le chant d'entrée ou l'introït font partie de la messe - alors le célébrant fait l'inclination profonde devant l'autel. A la fin de la messe, en revanche, après l'ite missa est ("allez dans la paix du Christ") qui indique que la messe est donc terminée, le célébrant fait la génuflexion si le St Sacrement se situe dans le choeur. Cela peut sembler un peu compliqué, mais si on veut respecter à la lettre les rubriques pour avoir la paix, c'est ce qu'il faut faire, 

P.Jean-Eudes

Publié dans CELEBRER

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