Nombre de prêtres dans le diocèse de Vannes : données et essai d'analyse

Publié le par Secteur pastoral de Muzillac

A l'aide de quatre annuaires diocésains, voici quelques chiffres sur le nombre de prêtres dans le diocèse de Vannes, en sachant qu'il y a aujourd'hui 31 doyennés (39 en 1980) et 299 paroisses (300 en 1980) :

 

En 1980, il y avait 762 prêtres pour une population de 563 000 habitants. 455 prêtres avaient moins de 60 ans.

 

En 1991, il y avait 590 prêtres pour une population de 618 641 habitants. 143 prêtres avaient moins de 60 ans.

 

En 2001, il y avait 404 prêtres pour une population de 642 800 habitants. 64 prêtres avaient moins de 60 ans.

 

En 2011, il y a 293 prêtres pour une population de 702 467 habitants. La moyenne d'âge est de 73 ans. 59 prêtres ont moins de 60 ans.

 

La crise du nombre de prêtres ne date pas d'aujourd'hui, notamment dans notre diocèse. Ces chiffres sont à vue humaine assez affolants, mais non pas dans une perspective d'espérance chrétienne. Ils ne peuvent tout de même pas être ignorés et laisser dans l'indifférence. Comme l'a écrit le cardinal Martini, "Pour analyser la situation de l'Eglise, il importe de se baser surtout sur les signes de vitalité, sur les fruits de l'Esprit. Et, sans être à la première place, les faits quantitatifs appartiennent à ces signes de vitalité".

On peut tout de même constater que sur les dix dernières années, le nombre de prêtres de moins de 60 ans a tendance à se stabiliser. C'est une bonne nouvelle, car l'évangélisation a besoin de stabilité. Etant donné que les séminaristes avoisinent le chiffre de 30, on peut estimer que le nombre total de prêtres pourrait se stabiliser autour d'une centaine à moyenne échéance, dans 20 ans.

 

Se pose le problème de l'isolement de ces nouveaux prêtres. Au sortir du Séminaire, quand on est jeune, on peut aspirer à vivre une certaine fraternité presbytérale. Cela était automatique, trop d'ailleurs pour certains, il y a 30 ans. Aujourd'hui, cela est de moins en moins évident. Il me semble que notre diocèse se doit pourtant d'accueillir ces nouveaux prêtres dans des conditions humanisantes et équilibrantes. Pour ma part, j'ai toujours aspiré à une vie communautaire et cela ne m'a pas été toujours offert, loin de là. Voir un jeune prêtre isolé, nommé en moyenne tous les deux ans dans un nouveau lieu, ne peut susciter beaucoup de vocations. Les scandales provoqués par certains prêtres isolés va peut-être amener des changements dans la manière de vivre le presbytérat. Pour l'instant, la transition actuelle est assez rude.

 

Autres signes de vitalité : le nombre de laïcs prenant des responsabilités dans l'Eglise. On les compte par centaines dans les doyennés. La plupart sont bénévoles, mais il y a aussi plusieurs dizaines de "laïcs en mission ecclésiale" rémunérés, souvent en temps partiel. Autre chiffre nouveau : on compte 51 diacres dans le diocèse et leur nombre continue à augmenter. Les baptêmes d'enfants ou jeunes en âge de scolarité et d'adultes aussi.

 

Par contre le nombre total de baptêmes, de premières communions, de confirmations et de mariages ne cesse de diminuer. La chrétienté de type constantinien disparaît peu à peu pour laisser apparaître un nouveau type de communautés chrétiennes, plus petites et plus ferventes, comme aux premiers siècles de l'Eglise. La nouvelle évangélisation pourra alors pleinement se déployer, mais avec de petits moyens.

 

Qu'en pensez-vous ?

 

P. Jean Eudes

 

  Voir aussi cette analyse sur le blog du curé de Rochefort-en-Terre :

  http://curederochefortenterre.over-blog.fr/2014/01/evolution-du-nombre-de-pr%C3%AAtres-dans-le-morbihan.html

 

 

 

Publié dans REFLEXION

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article