Nouvelles réflexions sur la pastorale des sacrements de l'initiation chrétienne

Publié le par Secteur pastoral de Muzillac

Nouvelles réflexions sur la pastorale des sacrements de l'initiation chrétienne :

 

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  1. A nouvelle époque, nouvelle pastorale. Notre pastorale est très largement inadaptée, les chiffres parlent tout seuls. Non seulement le nombre de prêtres dimininue, mais surtout le nombre de chrétiens de conviction. Aujourd'hui, 36 % des Français, y compris musulmans,  croient en Dieu. Ils devraient donc être beaucoup moins à croire en Jésus Christ, Fils de Dieu, ressuscité d'entre les morts.  Curieusement, 80 % de ces mêmes Français veulent absolument se faire enterrer à l'église...
  2. Le baptême est la plongée dans la mort pour ressusciter avec le Christ, il est l'entrée dans la communauté de l'Eglise. Le baptême comprend la confirmation et la première communion, ainsi que la catéchèse qui accompagne les sacrements et en donne le sens. Le baptême engage pour toute la vie comme disciple de Jésus Christ. Or la plupart des demandes de baptême sont seulement motivées par une vague tradition familiale.  Et comme disent souvent les parents, "l'enfant fera ce qu'il voudra plus tard". On ose à peine entendre certains parents parler de leur foi pour ne pas être trop déçu. Les parents vivent en général loin de toute vie d'Eglise. Beaucoup d'enfants ne vivent pas les sacrements de la confirmation et de la première communion ou n'en vivent pas ou trop peu, par manque de soutien familial... Il y a pourtant de (très) belles choses vécues dans ces familles, on ne peut nier que la foi est présente, mais souvent sans référence explicite avec Jésus Christ et son Eglise, même si des exceptions existent heureusement.
  3. Les changements déjà vécus. Aujourd'hui, sur le doyenné de Muzillac, nous proposons depuis cinq ans une préparation au baptême des petits enfants plus conséquente (trois réunions communes). Cette année 2012, nous célébrons en général ces baptêmes pendant les messes dominicales. Depuis deux ans, nous avons avancé le sacrement de la confirmation de la 3e à la 6e pour que les enfants baptisés bénéficient un peu plus nombreux du Don de l'Esprit Saint. Nous suivons également de plus près les demandes de première communion. Nous encourageons le sacrement du pardon vécu personnellement et régulièrement. Nous essayons de favoriser la rencontre du Christ, le Seigneur de nos vies, par la prière quotidienne et la conversion intérieure.
  4. Pour demain, je pense qu'il sera nécessaire de retarder pour un grand nombre l'âge de la première communion, car les parents -très sympathiques au demeurant - ne sont visiblement pas prêts à emmener leurs enfants chaque dimanche à l'Eglise, ce qui est pourtant le but d'une première communion ! Les enfants qui désirent vraiment communier à Jésus Christ trouveront les moyens de se rendre à l'Eglise peut-être sans leurs parents, mais toujours avec leur autorisation. Ils pourraient donc faire leur première communion à l'âge de l'autonomie, peut-être à l'adolescence. Un enfant est en effet suffisamment prêt à communier quand non seulement il désire communier toute sa vie à Jésus dans l'Eucharistie, mais encore quand la possibilité lui est offerte par sa famille de pouvoir communier chaque semaine. Sinon, il lui faudrait attendre l'âge adulte pour faire sa première communion.
  5. Pour demain, puisque les premières communions seraient probablement retardées, je souhaite que les enfants puissent recevoir encore plus tôt le sacrement de la confirmation (vers 9 ans). Au moins ces enfants baptisés pourraient vivre dans l'Esprit de Jésus en attendant de pouvoir vivre fraternellement dans la grande Famille de Dieu, dans la fidélité à la communion du dimanche. Le sacrement de la confirmation est en effet moins engageant pour la pratique dominicale que la première communion. Et du même coup, cela permettrait de remettre en place l'ordre des sacrements de l'Initiation chrétienne.
  6. Pour les enfants suffisamment prêts à communier dès 8 ou 9 ans, je demanderais à ce que le sacrement de confirmation leur soit donné juste avant. 
  7. Les trois derniers points, j'en discute autour de moi avec des prêtres, des catéchistes, des enseignants, des parents, des responsables diocésains et aussi avec notre évêque, Mgr Centène. Si tout se passe bien, la réforme des points 4 et 5 pourrait voir le jour à la rentrée 2013 dans notre doyenné. Pour l'instant, je continue le dialogue, j'écoute les conseils et les objections possibles et j'essaye d'apporter des réponses. N'hésitez pas à alimenter la réflexion en laissant un commentaire ci-dessous.
  8. Dans un avenir plus lointain, je pense même qu'il faudrait demander aux parents qui veulent faire baptiser leur petit bébé de redécouvrir la vie chrétienne par des catéchèses et une fidélité à la messe dominicale pendant un certain temps...

Toutes ces réformes peuvent sembler décourageantes pour certains. Mais elles peuvent être vécues avec enthousiasme par les mêmes ou par d'autres si on en comprend le sens. L'objectif est en effet de (re)découvrir en Jésus ressuscité le Seigneur de nos vies personnelles et communes, concrètement et non plus seulement théoriquement,...

 

P. Jean-Eudes

Publié dans REFLEXION

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