Un an après le séisme en Haïti, quelques nouvelles à Pierre Espy de la situation par le P.Georgino

Publié le par Secteur pastoral de Muzillac

Photo0145Bonjour Pierre ! [...]

Depuis, après un séjour de deux mois à Port-au-Prince, je poursuis mon petit bonhomme de chemin dans le diocèse de Rio Branco, en Acre, au nord du Brésil.

Vous imaginerez sans difficulté combien grand est le changement que je suis en train de vivre : nouvelle culture, nouvelle langue, nouveau contexte de vie et nouvelles responsabilités.

Ainsi donc, je vis ce premier anniversaire du séisme qui a meurtri mon peuple, loin de la terre natale. Mon âme de missionnaire me permet de prendre bien à cœur mon engagement ici au Brésil, sans jamais perdre de vue ma patrie de naissance sombrant en dépit de tout dans l’incertitude. L’impasse dans lequel le pays est plongé depuis la proclamation des résultats préliminaires des élections présidentielles du 28 novembre 2009 éveille chez moi deux soupçons : 1. l’absence d’une conscience suffisante de la part de l’élite dirigeante haïtienne en ce qui a trait à sa responsabilité vis-à-vis de la population ; 2 et une méprise de la part de la communauté internationale sur l’aide dont le pays a réellement besoin. Car, au bout de ces 12 mois, on n’aura pas vu grand-chose se mettre en place qui donnerait à entrevoir un avenir plus sûr pour Haïti. Il y  a ceux dont l’agir concret n’a rien de prometteur, et ceux qui se satisfont de promesses sans lendemain. Carte d'Haiti

Entre ces deux extrêmes, les petites associations et certaines congrégations, telle la Société des Prêtres de Saint-Jacques dont je suis membre, qui, se passant de grands discours et de grands reportages, apportent une aide réelle à la population grâce aux dons de personnes touchées par le malheur qui s’abat sur mon pays. Comme je l’ai fait au Vieux Couvent, en août dernier, je viens à nouveau exprimer à ces personnes généreuses ma sincère gratitude. Grâce à elles un brin d’espoir s’étincelle dans la brume de l’incertitude.

La collecte de livres et de matériels scolaires a été un succès. Tous les matériels récoltés sont arrivés à Port-au-Prince, après mon départ pour le Brésil. Ils ont été distribués dans les trois établissements scolaires dont le Père Cabioc’h, curé de la paroisse Saint-Roch et prêtre de Saint-Jacques, en a la charge.

Avant mon départ, grâce aux aides et aux dons d’amis ou de paroissiens de Muzillac, j’ai pu apporter une aide à certaines familles en difficulté et leur permettre d’envoyer leurs enfants à l’école.  6 enfants ont obtenu une bourse d’étude (à raison de 150 euros l’année), d’autres ont eu une aide ponctuelle. D’autres amis qui souhaitaient aider, je les ai directement orientés vers le Père Cabioc’h, par notre maison de Saint-Jacques, à Landivisiau, ou par son adresse électronique.

Aujourd’hui au Brésil, je ne puis prendre de responsabilités à ce niveau. Mais je ne demeure pas moins convaincu que mon pays ne pourra se sortir de la crise chronique qu’il connaît que moyennant l’éducation (une bonne éducation). Alors, merci de continuer à aider ceux qui travaillent sur place pour la scolarisation des enfants haïtiens.

Avant de partir de Muzillac, j’avais pris contact avec [un élu local] qui devait contacter d’autres [responsables] de la région pour voir comment apporter une aide aux enfants haïtiens. J’espère qu’il se souviendra de ma rencontre avec lui, et de ce que nous avons discuté à propos de la scolarisation des enfants haïtiens.

 

Cher Pierre, cher Jean-Eudes, voici quelques mots en réponse à votre courrier. 

Merci beaucoup et à bientôt de mes nouvelles.

Père Georgino RAMEAU,

Prêtre de Saint-Jacques, Brésil, le 12 janvier 2011.

 

 

Les photos sont celles des deux modules construits depuis mon retour de France. Ils ont été financés par une petite association française: Coeurs-Unis/Kè-Kontre.

Trois modules construit à Saint Roch

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article