POURQUOI recevoir le sacrement de pénitence et de réconciliation ?

Selon les évangiles, Jésus a confié aux apôtres et à l'Eglise la charge de lier ou de délier les péchés.

Un péché est un manque d'amour pour le Seigneur ou pour ses frères qui se traduit par des pensées, des paroles, des actions ou des omissions, plus ou moins répréhensibles.

Un péché est plus ou moins grave. Voler un oeuf n'est pas aussi grave que voler un boeuf. Et tout le monde n'a pas les mêmes chances dans la vie. Pour certains, il est plus facile de mener une vie vertueuse que pour d'autres. Il existe des circonstances atténuantes. Mais attention, même les péchés quotidiens ou de moindre importance nous entraînent à commettre des péchés plus graves. C'est en ce sens que le dicton affirme que "celui qui vole un oeuf vole un boeuf".

Le monde a en tout cas énormément besoin de réconciliation. Il suffit de regarder les guerres entre pays, mais aussi les divisions de toutes sortes entre religions, familles, classes sociales, ethnies, travailleurs... Les chrétiens devraient alors pouvoir apporter avec une très grande joie au monde la bonne nouvelle du Pardon et de la Miséricorde de Dieu. C'est leur mission que d'annoncer la Fête du Pardon et de la Réconciliation. Au vu de cette mission magnifique confiée par le Christ, comment peut-on trouver difficile de vivre le sacrement du pardon ?

Au début de l'Eglise, le pardon de Dieu s'obtenait exclusivement par le baptême qui est donné "pour la rémission des péchés". Les chrétiens, peu nombreux, étaient en effet très fervents. Et l'amour, dit la Bible, recouvre les péchés.
Mais, peu à peu, plus les chrétiens étaient nombreux, plus le besoin de renouveler le pardon de Dieu (l'absolution) est apparue nécessaire. Un sacrement du pardon détaché du baptême a été mis en place (Pasteur d'Hermas, au 2nd siècle). Puis, plus tard, le sacrement du pardon a été réitéré autant de fois que nécessaire, notamment sous l'influence des moines irlandais.
Les chrétiens, selon la discipline de l'Eglise, sont aujourd'hui tenus de confesser leur péché grave au moins une fois par an. Mais la confession régulière est vivement recommandée. Et Vatican II a promu de manière très intéressante les célébrations communautaires du pardon. Les péchés sont en effet communicatifs !  Cependant, l'Eglise réserve à juste titre l'absolution collective à des situations très précises, notamment à des cas de danger de mort (cliquer ici et voir le n°1483 du Catéchisme de l'Eglise catholique) .


Le sacrement du pardon, selon l'Eglise, ne peut être vrai que s'il remplit plusieurs critères :
   - La demande de pardon doit être sincère et se manifester par une véritable contrition. Selon St Thomas d'Aquin, la notion de contrition est tellement importante que Dieu accorde déjà son pardon au moment du vrai repentir. La contrition est d'ailleurs suscitée par l'Esprit-Saint.
    - Le véritable repentir suscite en soi le désir de l'aveu ou de la confession du péché grave à Dieu et à un ministre de l'Eglise, parfois même à un représentant de la justice humaine. Parler permet d'ailleurs d'objectiver et de mettre à distance le mal que nous portons. La parole libère. Elle est ici réponse à la Parole de Dieu.
   - Le véritable repentir doit susciter l'envie de réparer le mal commis. Le vrai pardon n'est pas, en effet, l'injustice. Certains péchés graves demandent bien sûr une réparation devant la justice humaine. D'ailleurs, le prêtre n'est pas obligé de donner tout de suite l'absolution dans les cas où la réparation doit être dûment vérifiée.
  - Le véritable repentir obtient l'absolution par la prière d'un ministre de l'Eglise, Evêque ou prêtre.

Dans le doyenné, des célébrations communautaires (normalement sans absolution collective) permettent aux fidèles baptisés de réfléchir plus longuement sur leur vie et de rendre grâce pour l'immense Miséricorde du Seigneur. Elles sont proposées au moment de la Toussaint et du Carême.
Par ailleurs, des rencontres personnelles avec un prêtre sont proposées à des heures déterminées avant les grandes fêtes, parfois pendant une adoration eucharistique.
Un prêtre assure une permanence de confession tous les vendredis à l'église de Muzillac entre 9h30 et 10h. On peut également prendre rendez-vous avec un prêtre (voir la page "contact", cliquer ici)  ou en rencontrer à la cathédrale (cliquer ici), à Ste-Anne-d'Auray (cliquer ici), dans une abbaye ou dans un centre spirituel.

Pour la méditation, voici d'abord un très beau "Sermon d'Isaac de l'étoile" que la liturgie des heures (vendredi de la 23e semaine) intitule :


 
             C'est dans l'Eglise que le Christ pardonne.

" Il y a deux choses qui reviennent à Dieu seul: l'honneur de recevoir la confession et le pouvoir de pardonner. Nous devons lui faire notre confession et attendre de lui le pardon. A Dieu seul il appartient, en effet, de pardonner les péchés; c'est donc à lui seul qu'il faut les confesser. Mais le Tout-Puissant, le Très-Haut, ayant pris une épouse faible et insignifiante, fit de cette servante une reine. Celle qui était en retrait à ses pieds, il l'a placée à côté de lui; car c'est de son côté qu'elle est sortie et c'est par là qu'il se l'est fiancée. Et de même que tout ce qui est au Père est au Fils et tout ce qui est au Fils est au Père de par leur unité de nature, de même l'Époux a donné tous ses biens à l'épouse et il a pris en charge tout ce qui appartient à l'épouse qu'il a unie à lui-même et aussi à son Père. Dans sa prière pour l'épouse, le Fils dit au Père: Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi. Qu'ils soient un en nous, eux aussi.

Aussi l'Époux, qui est un avec le Père et un avec l'épouse, a enlevé en celle-ci tout ce qu'il a trouvé chez elle d'étranger, le fixant à la croix où il a porté ses péchés sur le bois et les a détruits par le bois. Ce qui est naturel et propre à l'épouse, il l'a assumé et revêtu; ce qui lui est propre et divin, il l'a donné à l'épouse. Il a en effet supprimé le diabolique, assumé l'humain, donné le divin, si bien que tout est commun à l'épouse et à l'Epoux. C'est pourquoi celui qui n'a pas commis le péché et dont la bouche était sans fourberie peut bien dire: Pitié pour moi, Seigneur, je suis sans force; guéris mon âme, car j'ai péché contre toi. Il partage ainsi la faiblesse de l'épouse ainsi que son gémissement, et tout est commun à l'Époux et à l'épouse: l'honneur de recevoir la confession et le pouvoir de pardonner. C'est la raison de cette parole:
 
Va te montrer au prêtre. ~

L'Église ne peut donc rien pardonner sans le Christ; et le Christ ne veut rien pardonner sans l'Église. L'Eglise ne peut rien pardonner sinon à celui qui se convertit, c'est-à-dire à celui que le Christ a d'abord touché. Le Christ ne veut pas accorder son pardon à celui qui méprise l'Église.~ Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare donc pas. Ce mystère est grand, je veux dire qu'il s'applique au Christ et à l'Eglise.~ Garde-toi bien de séparer la tête du corps; n'empêche pas le Christ d'exister tout entier; car le Christ n'existe nulle part tout entier sans l'Église, ni l'Église sans le Christ. Le Christ total, intégral, c'est la tête et le corps. C'est lui qui dit: Personne ne monte au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme qui est au ciel. C'est seulement cet homme-là qui pardonne les péchés ".
 
 
Ecoutons aussi le très beau message de Benoît XVI dans cet extrait de la Lettre aux séminaristes (2010) :
 
" Le Sacrement de Pénitence aussi est important. Il m’enseigne à me regarder du point de vue de Dieu, et m’oblige à être honnête envers moi-même. Il me conduit à l’humilité. Le Curé d’Ars a dit une fois : Vous pensez que cela n’a pas de sens d’obtenir l’absolution aujourd’hui, sachant que demain vous ferez de nouveau les mêmes péchés. Mais, – a-t-il dit – Dieu lui-même oublie en cet instant vos péchés de demain pour vous donner sa grâce aujourd’hui. Bien que nous ayons à combattre continuellement contre les mêmes erreurs, il est important de s’opposer à l’abrutissement de l’âme, à l’indifférence qui se résigne au fait d’être ainsi fait. Il est important de continuer à marcher, sans être scrupuleux, dans la conscience reconnaissante que Dieu me pardonne toujours de nouveau. Mais aussi sans l’indifférence qui ne ferait plus lutter pour la sainteté et pour l’amélioration. Et en me laissant pardonner, j’apprends encore à pardonner aux autres. Reconnaissant ma misère, je deviens plus tolérant et compréhensif devant les faiblesses du prochain."
 
 
 
 
  Article écrit par le P. Jean-Eudes Fresneau