Questions en vérité sur le baptême des petits enfants

Une question de fond difficile :
différer les baptêmes 
?

« Des garanties [sérieuses] doivent être assurées pour que le don [du baptême] se développe par une véritable éducation de la foi et de la vie chrétienne, en sorte que le sacrement atteigne sa totale ‘vérité’. […] [Sinon] on pourra être amené à différer le sacrement, et on devra même le refuser si [ces garanties] sont certainement nulles ! » (Instruction sur le baptême des petits enfants, de la Sacrée congrégation pour la doctrine de la foi (20 octobre 1980), n°28 ; voir aussi Rituel du baptême des petits enfants (1984), 43, 3). Il faut dans ce cas, informer les parents des motifs de cette décision (Code de droit canonique (1983), can.868, § 1, 2). D’autre part, le concile Vatican II a donné une vision précise et exigeante de l’éducation chrétienne (Cf. Gravissimum educationis momemtum, n° 2-3). Dans le rituel du baptême lui-même, si le concile a demandé que le rôle des parents et des parrains ainsi que leurs devoirs soient mieux mis en évidence, c’est qu’il veut d’évidence une véritable éducation chrétienne pour les enfants à baptiser (Sacrosanctum Concilium 67 ; voir par exemple Rituel du baptême des petits enfants, n° 40, 5). Tous textes et rituel pour l’Eglise universelle de moins en moins faciles à appliquer aujourd'hui en présence de directives nationales et locales souvent très généreuses (Cf. Pastorale sacramentelle, Points de repère, de la Commission épiscopale de liturgie, coll. Liturgie n°7, Cerf, 1996, pp. 42-43) au bénéfice de  nos vieilles chrétientés, alors même que, paradoxalement, ces dernières s’amenuisent de jour en jour.
Comme il n’y a plus de critère objectif pour différer un baptême, sauf si « l’espoir fondé que l’enfant sera éduqué dans la religion catholique [fait] totalement défaut » (Code de droit canonique, can.868, § 1, 2 et Directoire canonique et pastoral pour les actes administratifs des sacrements (1994), p.76), ce qu'il est difficile à estimer, il ne reste plus que la force de persuasion des agents pastoraux (voir par exemple ce témoignage). Seulement, ces derniers peuvent ressentir amèrement que les belles paroles prononcées au moment du baptême ne sont guère suivies d’effets très probants. Et leurs forces pastorales s’amenuisent en même temps singulièrement. Question qu’il faudra alors régulièrement se reposer dans l’Eglise qui est en France. Question qui entraîne d’autres interrogations, dans un sens ou dans un autre, par exemple :
« Ne faut-il pas se montrer généreux pour l’accès au baptême, puisqu’il s’agit du don gratuit de Dieu ? » ;
« en se montrant trop exigeant, ne risque-t-on pas de rompre avec la majorité des familles ? » ;
« ‘une véritable éducation chrétienne de la foi de la vie chrétienne’ d’un enfant peut-elle se passer de la pratique dominicale et de la vie ecclésiale de ses parents ? » ;
« une Eglise qui ne se réunit plus le dimanche peut-elle survivre encore longtemps ? » ; 
« comment ça se passe dans les pays dits de mission ? » ;
 « La ‘non catéchisation’ des frères plus grands doit-elle ou non constituer un motif pour différer un baptême ? » (ancien Directoire pour les sacrements, toujours appliqué aujourd’hui) ;
« Ne vaudrait-il pas mieux privilégier aujourd'hui l’évangélisation (cf. 1 Co 1, 17) avant de donner un sacrement si important pour la vie de l’Eglise, d’autant que l’Eglise vient de reconnaître qu’il n’en va pas du salut du petit enfant (les limbes n’existent pas)? » ;
« Ne serait-il pas préférable de remettre en valeur le catéchuménat et le baptême d’adulte plutôt que de vouloir d’abord baptiser comme on croit ‘avoir toujours fait’ le plus grand nombre dès que possible (habitudes qui nous viennent des XIIe et XIIIe siècles) ? » ;
« l’Eglise n’atteindra-t-elle pas, à long terme, le plus grand nombre en retrouvant d’abord chez les baptisés une véritable vie chrétienne ?».

En tout cas, le discernement pastoral au niveau national et local en matière de baptême reste d’une grande actualité car il détermine le visage de l’Eglise que nous donnons ainsi que son dynamisme. Enfin, cette réflexion veut au moins inciter les équipes paroissiales à une plus sérieuse et exigeante pastorale du baptême des petits enfants.

Concrètement, dans le doyenné de Muzillac,
l'équipe pastorale ainsi que l'équipe de préparation au baptême proposent une préparation au baptême comportant trois rencontres.

L'objectif de ces rencontres est multiple :
- Faire vivre aux parents une expérience d'Eglise.
- Redonner le sens concret et quotidien des symboles du baptême.
- Les amener à réfléchir à l'éducation humaine et chrétienne de leurs enfants.
- Suciter un dialogue entre les parents sur les questions de la foi.
- Faire percevoir l'importance du baptême aux yeux des parents.
- Faire rencontrer aux parents des paroissiens référents ainsi que le prêtre.
- Les sensibiliser au Jour du Seigneur et à la messe dominicale.

Voir aussi cet article (cliquer ici)

 

 


Il est intéressant de noter ici que, concernant cette question difficile, les chrétiens (catholiques) à l'extrême gauche et à l'extrême droite du Père aboutissent à peu près à la même conclusion !   

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